Bulletin national de situation hydrologique du 9 avril 2020

Après un début de mois très agité marqué par une succession de tempêtes du 1er au 5 mars, les passages pluvieux sont restés fréquents durant la première quinzaine. En seconde partie de mois, des conditions plus anticycloniques ont dominé. En fin de mois, un net refroidissement s’est accompagné de petites chutes de neige en plaine sur le sud de l’Hexagone et en Corse les 25 et 26, puis du Sud-Ouest au Nord-Est le 30.

Les cumuls de précipitations en mars ont été supérieurs à 50 mm sur une grande partie du pays. Par rapport à la normale, ils ont été excédentaires sur les Alpes, l’est de la région PACA, en Corse ainsi que sur l’extrême nord et la façade ouest de l’hexagone à l’exception de la Bretagne et de la Normandie. Ils  ont été plus proches des valeurs de saison sur le Nord-Est. En revanche, les cumuls ont été déficitaires sur l’est du Massif central, le long de la vallée du Rhône, de l’est de l’Occitanie à la côte varoise ainsi que plus localement sur le sud de l’Alsace et du nord de la Bretagne à l’intérieur de la Normandie.

Les sols superficiels qui étaient saturés ou proches de la saturation sur la majeure partie du pays fin février se sont asséchés durant le mois de mars suite aux conditions anticycloniques qui ont dominé sur le pays durant la seconde quinzaine et aux températures maximales souvent supérieures aux normales. Les sols sont toutefois encore humides à très humides sur le quart nord-ouest et plus localement sur les Alpes. Ils sont généralement proches de la normale sur le reste du pays et commencent à s’assécher en Auvergne-Rhône-Alpes et sur le nord de la Corse.

Concernant les eaux souterraines, les pluies efficaces abondantes d’octobre 2019 à mars 2020 ont permis une très bonne recharge hivernale des nappes. En mars 2020, la situation est globalement satisfaisante, avec des niveaux modérément bas à des niveaux très hauts. Toutefois, plusieurs secteurs montrent des situations moins favorables, avec des niveaux modérément bas : la nappe d’Alsace au sud de Colmar, les nappes des cailloutis de Bourgogne, les nappes des couloirs fluvioglaciaires du Rhône amont et moyen et les nappes de l’est du Massif Central. La fin de la période de recharge semble avoir eu lieu mi-mars sur les nappes les plus réactives. Courant avril, sauf événements pluviométriques exceptionnels, l’inversion des tendances devrait ainsi se généraliser sur l’ensemble des nappes.

La situation sur les niveaux des cours d’eau est contrastée sur le territoire. Les niveaux sont inférieurs aux normales le long du couloir rhodanien et sur l’amont du bassin de la Loire, tandis que sur le bassin Artois-Picardie et le Nord de la Nouvelle Aquitaine, les débits des cours d’eau présentent des niveaux moyens élevés en raison des crues du début du mois de mars.

Les taux de remplissage des barrages et réservoirs sont satisfaisants, avec des taux élevés dans le quart nord-est et les Pyrénées (à l’exception des Pyrénées-orientales). La situation a peu évolué sur l’ensemble du pays.

Au 9 avril, 2 départements ont mis en œuvre des mesures de restrictions des usages de l’eau. À titre de comparaison, sur la même période l’an passé, 3 départements étaient concernés par un arrêté préfectoral de limitation des usages. Ce chiffre était de 2 en 2018.

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