Journée Internationale de la Terre nourricière : focus sur les Solutions Fondées sur la Nature (SFN)

22/04/2021
A l’occasion de la Journée Internationale de la Terre nourricière, en ce 22 avril 2021, nous avons choisi de mettre en lumière les Solutions Fondées sur la Nature (SFN) et avons interviewé Benoît Fribourg-Blanc, Chef de projets européens et Expert Mesures Naturelles de Rétention d'Eau à l’Office International de l’Eau (OiEau).
 
Peux-tu nous expliquer en quelques mots en quoi consistent les Solutions Fondées sur la Nature ?
 
Définies par l’UICN comme “les actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes [...]", le concept est apparu en 2009 avec l'idée de trouver des solutions pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité. Le terme est si simple et séduisant qu'il est très largement et rapidement diffusé, avec le risque d'en faire un concept creux et sans valeur. Pour l'éviter, l'IUCN a créé une norme très restrictive qui fait que seuls des projets d'ampleur sont réellement qualifiables de SFN. L'idée de base consistant à restaurer un fonctionnement plus naturel des écosystèmes, qui reste indispensable, notamment en Europe, a conduit à développer d'autres concepts associés tels qu’ingénierie écologique, infrastructures vertes, Mesures Naturelles de Rétention d'Eau, (etc.), afin d'encadrer le développement de toutes les solutions contribuant à l'objectif de restauration des écosystèmes et leurs fonctions.
 
Pourquoi sont-elles si importantes pour lutter contre le changement climatique ?
 
L'idée est avant tout de remplacer ou compléter des solutions techniques artificielles qui visent à résoudre un seul problème, par des solutions plus intégrées reposant sur les écosystèmes et donc, capable de remplir plusieurs fonctions à la fois. Il ne s'agit pas de revenir à la nature originelle mais bien d'utiliser la nature pour les services qu'elle rend à l'Homme. En reposant sur le vivant, ce type de solutions utilise souvent moins de ressources pour son installation et favorise le stockage du carbone. Elle contribue également à la résilience en absorbant mieux les variations (excès ou manque d'eau, excès de température, etc.).
 
Quelles sont les actions de l'OiEau pour contribuer à leur développement ?
 
Depuis 2013, nous avons mobilisé un réseau d'acteurs et d'experts et mis en place pour la Commission Européenne une plateforme qui rassemble les connaissances sur les Mesures Naturelles de Rétention d'Eau. Appelée NWRM (Natural Water Retention Measures), on y retrouve notamment des documents conceptuels, un guide traduit en 15 langues, ou encore plus de 130 retours d'expérience disponibles pour tous, que nous continuons de collecter pour alimenter la plateforme.
 
Actuellement, nous participons également à un projet de recherche européen nommé OPTAIN, pour développer l'emploi de ces solutions dans le secteur agricole.
 
Nous faisons aussi la promotion de ce type de solutions auprès de divers projets d'incubation sur le continent africain.
 
A l’échelle nationale, nous formons les gestionnaires urbains à l'emploi de ces solutions pour gérer l'eau en ville.