Inde - Gujarat : gestion intégrée du bassin de la Sabarmati River

10/24/2008 - 02:00

Depuis le début des années 1990, la France et l’Union Indienne ont engagé un programme pluriannuel de coopération institutionnelle dans le secteur de l’eau, portant dans une première étape sur la formation de hauts fonctionnaires fédéraux et étataux et qui a débouché sur l’organisation à Delhi en Décembre 1994 d’un séminaire franco-indien sur La Gestion Intégrée des Ressources en Eau, qui a été salué comme un grand succès.



En effet, dans de nombreuses régions indiennes, il devient de plus en plus difficile d’assurer une disponibilité suffisante des ressources pour satisfaire tous les besoins et une lutte efficace contre la pollution et, ainsi, l’accès à l’eau risque d’être, dans un proche avenir, un facteur limitant essentiel du développement économique et social.



Les principales difficultés rencontrées ne sont pas technologiques, mais principalement institutionnelles et financières.



Dès le début de 1995, la partie indienne, en liaison avec l’Ambassade de France et avec des experts de l’Office International de l’Eau et de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse, a procédé à :

  •  la constitution d'un Comité mixte de pilotage franco-indien, réunissant du côté indien l'ensemble des ministères centraux concernés par la gestion de l'eau,

 

  •  au choix d'un "bassin pilote" pour expérimenter une nouvelle démarche de gestion intégrée des ressources en eau, dans la perspective d'en démultiplier ensuite les enseignements aux autres bassins indiens :

- dans un premier temps, une sélection de six bassins prioritaires a été réalisée par la partie indienne. Il s'agit des bassins des fleuves SABARMATI, TAPI, HAUTE YAMUNA, GODAVARI, SONE, SUBARNAREKHA.



- dans une deuxième phase, c'est le bassin de la Rivière SABARMATI qui a été choisi, en 1995 par les Autorités indiennes locales et fédérales, pour une première expérience pilote, dans l'Etat du GUJARAT.



La sécurité de l’approvisionnement en eau des villes du Gujarat nécessite des investissements importants.



Ahmedabad, la ville principale de l’Etat, et les quatre villes moyennes, Kheda, Gandhinagar (la capitale de l'Etat du Gujarat), Himatnagar et Mehsana ont vocation à fixer une part de la population qui va quitter la campagne dans les prochaines années. Elles assureront cette fonction à la condition exclusive de maîtriser le développement des services urbains et, en premier lieu, l’approvisionnement en eau pour l’industrie et pour les populations.



Le projet d'adduction d'eau potable d'Ahmedabad représente, à lui seul, 140 millions de $ (prix 1996), dont 30 millions se dollars mobilisés par émission d'emprunts municipaux en 1998.



Les Autorités gujarati ont préparé le lancement du projet pilote, avec :



- la désignation d’un coordinateur au sein de l’administration de l’eau du GUJARAT qui est également chargé de la mise en œuvre de l’“ Hydrology project ” de la Banque Mondiale,



- la constitution d’un Comité de coordination inter-administratif, réunissant l’ensemble des services sectoriels concernés par l’eau au GUJARAT et associant la ville d'AHMEDABAD,



- l’élaboration d’un " livre blanc", dressant un diagnostic de la situation dans le bassin et de ses perspectives à court et moyen termes,



- la mise au point du " memorandum of understanding" que le Gouvernement du GUJARAT a signé le 9 Février 1998 avec l’Office international de l’Eau pour préciser les domaines dans lesquels il souhaitait la coopération d’experts français.



Pour répondre à cette demande des Autorités indiennes, avec toutes les compétences requises, un groupement de projet associant le BCEOM, BRL Ingénierie, SEURECA et l’OIEau a été constitué.



Le Ministère français de l'Economie (FASEP) a soutenu ce projet par un don de 610.000 €, pour la réalisation d'une première tranche d'études d'un montant de 762.000 €.



Le projet pilote de coopération franco-Indienne "Gestion intégrée du bassin de la Sabarmati" a été initié en novembre 1999 et s’est terminé en octobre 2001. Ses principaux objectifs étaient les suivants:



1. Organisation d'un système intégré d'information sur le bassin de la Sabarmati, reposant sur la base de données existante et réunissant de façon homogène toutes les informations sur l'eau : données sur les ressources et usages, données administratives et socio-économiques, etc.

Ceci évidement implique une étroite collaboration entre les différents projets existants tels que l'Hydrology Project/ HIS, Centre de télédétection et SIG…



2. Préparation d'un schéma d'aménagement à long terme du bassin de la Sabarmati comportant un état de la situation et des problèmes et la définition d'objectifs régionaux tenant compte du plan de développement socio-économique de l'Etat. Ce schéma est fondé sur le Plan Intégré du Bassin de la Sabarmati (version provisoire, 1996, Groupe de Planification des Ressources en Eau, Etat du Gujarat, NWR&WSD).



3. Définition d'un programme d'actions prioritaires, fondé sur les choix d'un nouveau "Comité du Bassin de la Sabarmati". Etant donné la pénurie d'eau, des mesures doivent être prises pour instaurer une gestion de la demande.



Fans ce contexte, l’assistance technique fournie par l’OIEau a comporté :



• l’organisation d'un système d'information (structure du système d'information de bassin, organisation de la collecte de données, identification des sources et des bases de données existantes, modalités pour l'échange de données, analyse de la situation, identification des principaux problèmes et des projets existants).



• l'organisation et la validation d'un Comité de Bassin, définition de ses tâches et de ses participants (gouvernement, offices, autorités locales, représentants des usagers) et organisation des réunions du comité.



• l’élaboration d'un programme pour le bassin : étude des divers scénarii pour le plan d’aménagement à long terme et analyse détaillée du Plan D’actions Prioritaires.



Le programme d’actions a été validé par un "Comité de Bassin de la Sabarmati" regroupant les différentes administrations impliquées dans la gestion de l’eau.



L’expérience acquise dans le bassin pilote de la Sabarmati River a permis d’accélérer le processus dans toute l’Union Indienne. En effet, le gouvernement indien et la Banque Mondiale (BM) ont défini un plan d’actions visant à la réorganisation du secteur de l’eau dans 24 bassins hydrographiques, représentant 436 Millions d’hectares.