numéro spécial Natures Sciences Sociétés : « Les enjeux de la conférence de Paris : Penser autrement la question climatique »

07/06/2015 - 02:00

À l’occasion de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015, Natures Sciences Sociétés, revue interdisciplinaire à l’interface des relations sciences/société, édite un numéro spécial intitulé : « Les enjeux de la conférence de Paris : Penser autrement la question climatique ». L’idée centrale qui structure ce numéro est que la réussite de cette conférence ne tiendra pas seulement à la bonne ou mauvaise volonté des 195 États présents, mais aussi à la capacité de changer en profondeur les façons dont à la fois les scientifiques (en particulier climatologues et économistes) et les responsables politiques ont historiquement « cadré » (et parfois enfermé) la problématique climatique. Vingt-trois ans après la signature de la convention de Rio, il est en effet évident que ce cadre d’action a montré ses limites et ce numéro tente de proposer les différentes voies de son possible dépassement – en mobilisant les recherches les plus récentes.
 
Après l’analyse d’un quart de siècle de relations entre science et politique sur les questions de climat, et des orientations déjà discernables dans l’accord de Paris en cours de discussion, les différents articles abordent l’essentiel des débats qui portent aujourd’hui sur ces dépassements indispensables : les limites de « l’exceptionnalisme climatique » mis en avant dans les négociations internationales ; le choix des outils économiques et l’impasse du protocole de Kyoto ; les relations avec la problématique du développement, trop longtemps oubliée… et que n’épuise pas la question – naturellement majeure – des aides financières accordées par les pays développés aux politiques climatiques des pays du Sud ; la marginalisation du local et le caractère déterminant d’une articulation efficace entre local, national et global ; les difficultés à intégrer la thématique de l’adaptation – face à laquelle il y a eu initialement un biais analytique ; la sous-estimation des temporalités qui sont au cœur des enjeux climatiques. Et enfin, l’importance écrasante accordée aux dynamiques d’offre énergétique, aux dépens des approches en termes de consommation ou de modes de vie. Mais aussi, dans ce domaine des stratégies énergétiques, le poids énorme de la contrainte représentée par l’utilisation du charbon, en particulier en Chine et dans beaucoup des économies émergentes. S’ajoutent à cela de nombreux comptes rendus d’ouvrages ou de colloques.
 
C’est à travers ce numéro spécial qu’un regard à la fois ouvert et renouvelé sur la question climatique est proposé à l’occasion de la conférence de Paris, illustrant la vocation interdisciplinaire de NSS.