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Les travaux du séminaire d'experts |
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Thème 2 Les grands transferts nationaux d'eau |
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Au stade où le développement des ressources
en eau arrive aujourd'hui dans les pays du Bassin Méditerranéen,
les grands transferts d'eau constituent un recours inévitable
pour la mise à disposition des populations de la Région
l'eau nécessaire à leur consommation domestique
et au développement de leurs activités agricoles,
industrielles et touristiques.
Les quantités d'eau transférées
seront de plus en plus importantes et les distances de transfert,
aujourd'hui de quelques dizaines de kilomètres en moyenne,
passeront à des centaines de kilomètres.
L'expérience des Pays en la matière,
a été présentée à travers un
rapport général et trois communications programmées.
Il s'agit des communications des délégations italienne,
espagnole et marocaine. Ces communications ont été
complétées par des interventions des délégations
algérienne, tunisienne et égyptienne sur les expériences
de ces trois pays.
Les questions débattues sont d'ordre technique
économique, social, institutionnel et juridique. Elles
concernent la conception et la planification des grands transferts,
leur réalisation et leur gestion.
Le débat a mis en lumière les points
suivants :
1- Il convient que les analyses comparatives et prévisionnelles
du bilan besoins-ressources sur les zones excédentaires
comme sur les zones déficitaires se fondent sur des approches
cohérentes capables de garantir la pertinence des résultats
des évaluations tant des besoins que des ressources.
2- Les évaluations et prospectives des besoins
en eau doivent concerner non seulement les zones de prélèvement
et les zones réceptrices mais également les zones
traversées où des demandes peuvent apparaître
après la mise en place des tansferts. L'expérience
des transferts dans certains pays a montré que des établissements
humains et des activités agricoles, pastorales et touristiques
se développent dans certaines zones traversées par
les transferts, dès lors que des possibilités -légales
ou illégales- d'approvisionnement en eau sur les ouvrages
de transfert sont possibles.
3- Les considérations juridiques afférentes
à l'utilisation de l'eau ont été reconnues
d'une importance primordiale pour la préparation des dossiers
de grands transferts.
La dimension géographique de ces derniers
et l'importance des réallocations opérées
obligent à un examen approfondi de la question des droits
d'eau individuels et collectifs, reconnus ou non reconnus.
La sauvegarde des droits de propriété
ou d'usage existants et la garantie des possibilités d'utilisation
future sur place par les populations concernées et leurs
descendances sont impératives.
En tout état de cause, les transferts ne devraient
se justifier que s'ils portent uniquement sur des excédents
d'eau dont l'utilisation délocalisée n'est pas susceptible
de porter préjudice aux intérêts locaux présents
et futurs.
Les tansferts d'eaux à partir d'acquifères
souterrains fossiles apparaissent, de ce point de vue, comme nettement
préjudiciables, à moins que des alternatives d'approvisionnement
en eau (à partir du dessalement de l'eau de la mer par
exemple) ne soient envisageables après l'épuisement
des réserves possibles.
Le Délégué Palestinien a déploré
que les populations palestiniennes dans les territoires occupés
soumises à des conditions désastreuses d'approvisionnement
en eau, soient privées de leurs droits à l'eau
et ne soient pas associées à la gestion de leurs
ressources en eau.
Le Délégué Israélien
a fait remarquer que l'intervention palestienne soulève
la question de l'eau dans la région du Moyen Orient, et
que cette question est inscrite à l'ordre du jour des négociations
en cours pour le processus de paix.
Il faut noter que le Comité Scientifique qui
a veillé à la préparation de la Conférence
de Rome avait décidé -à dessein- de limiter
le débat sur les transferts aux aspects concernant les
transferts nationaux et d'exclure du débat la discussion
des problèmes posés par les transferts internationaux
ou la gestion des eaux partagées par plusieurs pays.
Le Comité Scientifique avait en effet estimé
qu'au stade d'avancement relatif des négociations pour
la Paix au Moyen-Orient récemment engagées, notamment
sur la question du partage des eaux, il était prématuré
d'inscrire à l'ordre du jour du séminaire technique
d'experts méditerranéens un débat sur la
gestion conflictuelle des eaux au Moyen-Orient.
4- Même quand ils ne touchent physiquement
qu'une partie du pays, les grands transferts d'eau ont presque
toujours une portée nationale, compte-tenu de leurs larges
impacts économiques, financiers, environnementaux, et plus
ou moins souvent politiques.
Il importe que la décision de leur réalisation
se fonde sur des conclusions d'études techniques, économiques,
sociales et juridiques solidement étayées.
L'association des populations et de tous les acteurs
concernés, au processus de décision, sur la base
de leur information permanente et détaillée sur
l'ensemble des aspects relatifs aux transferts depuis la détermination
des conditions de la réallocation de l'eau qui sera le
fait du transfert, jusqu'à la mise en place des structures
de sa gestion, est une condition sine qua non de la réussite
et de la faisabilité même des projets de cette nature.
L'exemple du Canal de Jonglei (transfert au niveau
du moyen Nil) cité par le Rapporteur Général
est édifiant quant à l'envergure des conséquences
que peut avoir sur les projets de transfert un processus de décision
privilégiant la vision technocratique, au détriment
de l'approche de recherche de compromis entre les intérêts.
Le débat a souligné l'intérêt
de comparer, dans certaines situations, des solutions de transferts
consistant à amener l'eau sur des lieux d'utilisation où
la demande s'est développée indépendamment
de l'offre en eau, à des solutions d'adaptation de la
demande à l'offre, qui consisteraient à déconcentrer
le développement des zones déficitaires en eau et
agir sur l'activité humaine (urbanisation, implantation
des activités de développement), de sorte que cette
activité se développe davantage à proximité
des zones où les ressources en eau sont disponibles. En
particulier, les transferts massifs d'eau ne doivent pas contribuer
à aggraver les déséquilibres démographiques
entre les agglomérations urbaines surpeuplées et
les zones rurales en dépeuplement, ou déterminés
favorisés par d'autres facteurs que l'eau.
La plupart des interventions ont explicitement ou
implicitement soulevé la question de la croissance démographique
effrénée dans la majeure partie de la Région,
et l'accent a été mis sur les effets positifs que
produiraient des politiques d'atténuation des croissances
démographiques sur les charges financières nécessaires
à la mise en place des projets de transferts d'eau.
Le financement et la gestion de ces projets onéreux
sont d'une grande complexité : l'intervention massive des
Pouvoirs Publics et des Etats, compte-tenu du caractère
national de ces projets et de leur portée politique, implique
un nombre important de services techniques et d'institutions financières.
Ceci se traduit par la complexité des montages financiers
et des structures administratives de gestion .
Dans de telles situations, il n'est pas aisé
de définir et de faire observer des procédures et
les règles techniques et financières nécessaires
à une gestion autonome et efficace. Ceci ne doit néanmoins
pas remettre en question les deux principes fondamentaux de bonne
gestion, à savoir :
1. l'association de l'ensemble de
la communauté des usagers à la gestion des transferts
;
2. la contribution maximum des bénéficiaires
des transferts à la prise en charge de leurs coûts.
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