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Les travaux du séminaire d'experts |
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Thème 2 Les grands transferts nationaux d'eau |
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Caractéristiques de l'hydrologie espagnole
Le régime hydrologique espagnol se caractérise
par une grande irrégularité et une inégale
distribution géographique. Le manque d'eau dans les zones
les plus sèches est aggravé par une importante disparité
des quantités d'une année à l'autre, par
rapport à la moyenne, et par la forte diminution du débit
des cours d'eau naturels durant les mois d'été,
au moment où augmente précisément la demande
d'eau pour l'irrigation et l'approvisionnement des zones touristiques.
Les circonstances qui sont à l'origine de
ces irrégularités sont dues en premier lieu à
des raisons climatiques. L'hydrologie espagnole est en grande
partie un reflet de la diversité climatique du pays. La
pluviométrie est une des caractéristiques les plus
marquées qui explique cette irrégularité
hydrologique dont nous parlions.
L'Espagne dans son ensemble, a une précipitation
moyenne annuelle de l'ordre de 670 mm., avec un écoulement
approximatif de 230 mm., chiffre légèrement inférieur
à celui d'autres pays européens dont la moyenne
se situe vers 300 mm.
Cependant, cette valeur moyenne est peu significative
étant donné que l'échelle de pluviométrie
oscille depuis une valeur annuelle moyenne supérieure à
1300-1400 mm. dans les bassins septentrionaux, dont certaines
quantités locales dépassent 2400 mm., jusqu'à
une moyenne de 380 mm. dans le bassin du fleuve Segura, dont les
valeurs les plus basses sont inférieures à 200 mm.
La quantité moyenne pour les Iles Canaries est de l'ordre
de 360 mm.
*: Ministère des Travaux Publics (note du traducteur)
| Précipitation annuelle | |||||
| Supérieures (mm) | |||||
| Nord I
Nord II Nord III Douro Tage Guadiana I Guadiana II Guadalquivir Guadalete-Barbate Sud Segura Jucar Ebre | 1.175
1.353 1.324 640 642 550 700 562 784 547 380 545 603 | 20.817
23.450 9.492 50.868 35.968 29.172 4.646 32.330 4.859 9.904 7.170 23.382 51.495 | 700
800 1.000 400 400 350 400 200 500 200 200 300 400 | 2.400
2.200 2.400 1.700 1.700 1.000 1.200 1.300 1.400 1.200 1.200 1.000 1.900 | 495
485 182 378 347 379 125 750 70 277 169 358 267 |
| Total dans les bassins inter-communautaires | 653 | 303.283 | 200 | 2.400 | |
(*) Les données du P.H. du Guadalquivir commencent en 1942
et celles du Guadiana en 1945.
| BASSINS INTERNES DE CATALOGNE (1940-84) | 747 mm/an de précipitations moyennes |
| BALEARES (1940-84) | 590 mm/an de précipitations moyennes |
| CANARIES (1940-84) | 359 mm/an de précipitations moyennes |
| COTE DE GALICE | 1.473 mm/an de précipitations moyennes |
Sur le territoire de chaque bassin hydrographique, l'écart
entre les valeurs correspondant aux zones de moindre pluviométrie
et celles des zones les plus arrosées, est supérieur
à trois. Dans les régions les plus arides, cette
valeur peut atteindre le chiffre six.
Les variations temporelles sont aussi considérables. Par
exemple, les précipitations de l'année la plus sèche
représentent 60% de la moyenne et celles de l'année
la plus humide 150%. Il est évident que l'écart
est moindre et la moyenne annuelle plus élevée,
dans la mesure où les bassins hydrographiques sont plus
étendus.
Par ailleurs, les variations hydrogéologiques contribuent
aux irrégularités hydrologiques, à cause
des différentes caractéristiques des unités
détritiques et carbonatées lorsqu'il s'agit de la
capacité de stockage, de transmission, etc... Ces variations
sont encore plus accusées dans les Iles Canaries, de par
leur nature volcanique.
La prédominance de formations détritiques sur le
versant atlantique et celle de formations carbonatées dans
les bassins méditerranéens constitue une nouvelle
raison qui explique la diversité hydrologique péninsulaire.
L'évaporation potentielle a aussi une influence sur le
régime hydrologique puisqu'elle a une répercussion
sur l'humidité du sol et, par conséquent sur la
précipitation efficace. Ces valeurs oscillent entre 1.000
et 500 mm., avec des minimums plus bas dans les zones montagneuses.
Sa distribution géographique montre un contraste accusé
entre la moitié nord et la moitié sud de la péninsule,
le bassin de l'Ebre, les Iles Baléares et les Iles Canaries.
Quant aux ressources hydrauliques naturelles de l'Espagne, elles
sont supérieures à 114.000 hectomètres cubes
par an qui se répartissent entre les différents
bassins hydrographiques de la manière suivante :
Ressources naturelles par bassin (hm3/an)
| Nord | 42.102 |
| Douro | 15.168 |
| Tage | 12.858 |
| Guadiana | 6.165 |
| Guadalquivir | 7.771 |
| Sud | 2.418 |
| Segura | 1.000 |
| Jucar | 4.142 |
| Ebre | 18.198 |
| *Pyrénées orientales | 2.780 |
| Baléares | 745 |
| Canaries | 965 |
| Total | 114.312 |
(*) Bassins internes de Catalogne
De ces 114.000 hm3 correspondant à la valeur des ressources
naturelles d'une année moyenne, 20.000 procèdent
du remplissage moyen annuel des nappes aquifères dont 70%
est drainé par les fleuves et 1.000 hm3 débouchent
directement dans la mer.
Pour la population espagnole actuelle, les ressources hydrauliques
naturelles représentent en moyenne presque 3.000 m3/habitant/an.
Dans l'ensemble de la Communauté européenne dont
la densité démographique est supérieure à
celle de l'Espagne, cette quantité est de l'ordre de 2.500
m3 par habitant et par an.
Bien que l'Espagne dans son ensemble ait suffisamment de ressources
hydrauliques naturelles, il est cependant nécessaire de
résoudre deux problèmes graves, déjà
évoqués, concernant son hydrologie, qui sont l'irrégularité
dans l'espace et le temps afin de pouvoir disposer d'une grande
partie de ces ressources.
Cette irrégularité est mise en évidence lorsque
les apports d'eau moyens annuels aux embouchures des fleuves sont
comparés aux apports d'eau d'une année de sécheresse
importante (c'est-à-dire, avec les apports d'eau annuels
minimum enregistrés), sans tenir compte évidemment
des volumes drainés directement vers la mer. L'apport d'eau
de l'année la plus sèche atteint 34.800 hm3/an (période
1949-84).
Apports d'eau de l'année la plus sèche
(L'eau en Espagne - MOPU, 1985) (1949 - 84)
| Bassin | Apport d'eau (hm3) |
| Nord | 16.200 |
| Douro | 5.500 |
| Tage | 750 |
| Guadiana | 200 |
| Guadalquivir | 10.000 |
| Sud | 550 |
| Segura | 450 |
| Ebre | 8.000 |
| Baléares | ------ |
| Canaries | ------ |
On remarquera que les apports d'eau d'une année de sécheresse
dans l'Espagne insulaire sont négligeables.
En plus de l'irrégularité dans l'espace par rapport
à la distribution géographique des ressources hydrauliques
naturelles, l'écoulement naturel varie énormément
d'un bassin à l'autre.
Les bassins de la Galice côtière et du Nord, dont
la superficie atteint 53.800 km2 (10,6% du territoire national),
totalisent un apport d'eau naturel moyen annuel de 42.000 hm3
(36,3 % du total national). Les bassins du Sud, du Segura et du
Jucar dont la superficie atteint 79.830 km2 (15,8 %) ont un apport
d'eau moyen annuel de 7.600 hm3 (6,6 % du total). C'est à
dire que le rapport entre les apports spécifiques par unité
de surface est de 8 à 1. Une comparaison entre la Galice
côtière et le bassin du Segura donne un rapport de
18 à 1.
L'Espagne sèche moins favorisée du point de vue
hydrologique (la moitié sud de la péninsule et le
littoral méditerranéen) possède l'agriculture
la plus rentable du point de vue économique du pays. Par
conséquent, la majorité de la population espagnole,
à l'exception de la capitale, vit dans les zones proches
de la côte.
Cependant, à l'exception de l'Ebre, les bassins méditerranéens
disposent d'un peu plus de 10 % des ressources hydrauliques naturelles
du pays et abritent le tiers de la population. Une réduction
de ce pourcentage n'est pas envisageable dans le futur, car ces
régions présentent un rythme accéléré
de développement industriel, touristique et agricole.
Les demandes en eau
L'approvisionnement en eau de la population représente
réellement 14 % du total des demandes en eau. On admet
qu'en général le système en récupère
au moins 80 %. Le genre de régulation demandé est
proche du débit constant, sauf dans les zones touristiques
et de résidences secondaires. Il nécessite de grandes
garanties de distribution. L'irrigation, avec des différences
notables, est l'usage le plus demandeur d'eau : presque 80 % du
total des demandes. Les eaux d'irrigation récupérées
sont estimées à 20 % de la demande, car la consommation
d'eau non récupérée dépasse largement
les 90 % de la consommation totale de l'Espagne. En outre, l'irrigation
exige, à volume égal, de plus grandes capacités
de retenue que l'approvisionnement en eau car cette consommation
est concentrée dans les mois les plus secs de l'année,
lorsque les débits des fleuves sont au minimum.
Aujourd'hui (1992) la surface totale irriguée des bassins
situés sur plusieurs communautés autonomes atteint
3.180.000 ha. Si la surface irriguée des bassins situés
sur des communues est ajoutée, un total de 3.350.000 ha
est atteint.
La demande industrielle indépendante correspondant à
des industries reliées aux réseaux municipaux de
distribution représente actuellement 6 % du total des demandes
pour la consommation. Le volume d'eau récupéré
varie, en quantité et en qualité, selon le genre
d'industrie. Seule la distribution est proche de la constante
tout au long de l'année. Il en est de même pour les
autres demandes, besoins environnementaux pour maintenir les écosystèmes,
la réfrigération des centrales thermoélectriques
et d'autres grandes installations industrielles (pétrochimie,
mines, sidérurgie, etc...)
Le volume principal qui rend ce total si élevé correspond
aux débits nécessaires à la réfrigération
en circuit ouvert qui tout en consommant peu d'eau, pose de sérieux
problèmes d'exploitation des systèmes hydrauliques
en exigeant de grands volumes régulateurs disponibles pour
son fonctionnement. La demande pour ce type de réfrigération
est en réalité égale à la demande
totale pour l'approvisionnement. Cette demande disparaitra à
moyen terme car les systèmes ouverts seront remplacés
par des systèmes fermés avec tours de réfrigération.
D'autrres demandes, celle relative à la production d'énergie
hydroélectrique par exemple, bien que peu consommatrice
d'eau pose cependant des problèmes d'exploitation des systèmes
hydrauliques car celle-ci demande également une grande
disponibilité de la ressource.
Les demandes pour d'autres usages (aquaculture, usages récréatifs,
etc...) bien que pouvant avoir une importance qualitative dans
certains cas, sont quantitativement négligeables.
Etat actuel des besoins en hm3/an
| Plan hydrologique | Besoins totaux | |||||
| Nord I
Nord II Nord III Douro Tage Guadiana I Guadiana II Guadalquivir Guadalete-Barbate Sud Segura Jucar Ebre Cote de Galice Pyrénées orientales Baléares Canaries | 84
189 264 214 567 114 36 381 97 284 162 589 300 137 676 106 143 | 65
310 216 11 184 36 53 130 27 28 33 116 324 80 308 --- 7 | 475
73 2 3.508 1.947 2.130 101 2.874 223 927 1.736 2.402 6.320 406 290 276 267 | 624
572 471 3.733 2.698 2.280 190 3.385 347 1.139 1.921 3.106 7.444 622 1.274 380 417 | 112
111 77 185 749 51 1 269 26 24 40 470 4.007 171 28 --- --- | 736
683 543 3.918 3.447 2.321 203 3.644 372 1.163 1.941 3.576 11.451 793 1.302 380 417 |
| Total | 4.322 | 1.926 | 24.366 | 30.603 | 6.302 | 36.906 |
Disponibilité des ressources
Comme il a été déjà été
dit, l'irrégularité de notre régime hydrologique
fait que seulement une petite partie de nos besoins actuels peuvent
être garantis de façon naturelle. Nos ressources
naturelles (superficielles et souterraines) sont uniquement capables
de répondre à une demande continue de 9.200 hm3
annuels. Si cette demande correspondait à un régime
variable, comme c'est le cas pour l'irrigation dont la consommation
a un caractère pratiquement saisonnier, ce chiffre diminuerait
de moitié.
On considère comme ressources propres utilisables (ressources
internes de chaque bassin) la somme des ressources disponibles
et de la récupération d'eau provenant d'autres utilisations.
Les ressources disponibles procèdent de la régularisation
des eaux superficielles, des cours d'eau dont le débit
est garanti de façon naturelle et du puisage d'eau dans
les nappes aquifères qui ne sont pas surexploitées.
Des 45.700 hm3/an qui représentent les ressources disponibles,
5.500 hm3/an proviennent des puisages directs dans les nappes
aquifères. Ces usages supposent une surexploitation de
1.000 hm3 annuels, qui devra être supprimée dans
l'avenir.
Parmi ces ressources, nous comptons les eaux superficielles utilisées
à des fins hydrauliques (à peu près 16.000
hm3/an) bien que leur utilisation pour répondre aux besoins
consomptifs soit très variable, étant donné
que la plupart d'entr' elles correspondent à des barrages
situés sur le trajet final des fleuves, comme dans le cas
du Douro et du Tage (partie espagnole). Cependant il existe aussi
de nombreux barrages à utilisation multiple (usages consomptifs,
hydroélectricité, abaissement des crues) ainsi que
les barrages hydroélectriques situés en amont des
centres de demande pour d'autres usages, sans compter l'utilité
des débits turbinés pour répondre aux besoins
de l'environnement. Si nous faisons abstraction des courants utilisés
pour la production d'énergie et de la surexploitation des
nappes aquifères, les ressources disponibles seraient inférieures
de 2.000 hm3/an aux besoins actuels de consommation. La réutilisation
des eaux de récupération rétablirait l'équilibre
au niveau global, ce qui serait une fausse solution à cause
de l'important déséquilibre existant entre les divers
bassins hydrographiques.
Le tableau suivant reflète les possibilités hydrauliques
dans la situation espagnole actuelle.
Les ressources provenant du dessalement de l'eau de mer figurent
dans la colonne "IMPORTEES" du tableau mentionné.
Les excédents du Plan I du Guadiana, plus les 49 hm3/an
du courant naturel passent au Plan II du Guadiana, sur le trajet
international du fleuve, ce qui fait qu'ils n'ont pas été
considérés comme ressources disponibles de ce dernier.
| Plan hydrologique | ||||||
| Nord I
Nord II Nord III Douro Tage Guadiana I Guadiana II Guadialquivir Guadalète-Barbate Sud Segura Jucar Ebre Cote de Galice Pyrennées Orientales Baléares Canaries | 11.235
12.999 5.364 15.168 12.858 4.872 1.293 6.911 860 2.418 1.000 4.142 18.198 15.504 2.780 745 965 | 4.784
1.428 255 7.424 (1) 6.233 2.612 (2) 371 3.087 328 1.049 (3) 1.110 (4) 2.927 (5) 10.727 1.302 1.358 312 420 (6) | 104
29 83 826 1.261 341 5 455 13 5 290 545 5.069 278 174 60 10 | 2
3 157 ---- ---- 20 (691) ---- ---- 5 240 145 ---- ---- 40 ---- 19 | ----
---- ---- ---- 350 (691) ---- ---- ---- ---- 60 ---- 200 2 ---- ---- ---- | 4.890
1.460 495 8.250 7.144 2.973 376 3.542 341 1.059 1.580 3.617 15.596 1.578 1.572 372 449 |
| Totaux | 114.312 | 45.727 | 9.548 | 55.294 | ||
Nappes aquifères surexploitées : (1) 93 hm3; (2)
300 hm3; (3) 35 hm3; (4) 310 hm3; (5) 140 hm3; (6) 130 hm3
Bilans hydrauliques
L'étude détaillée au moyen de modèles
de simulation de l'exploitation de chaque système hydraulique,
a permis de déterminer les déficits locaux et d'offrir
ainsi une vision correcte de la situation réelle et des
problèmes de chaque bassin. Dans ces déficits locaux
nous incluons les quantités estimées de surexploitation
des nappes aquifères. Les résultats sont repris
dans le tableau suivant.
Dans la première des deux colonnes qui figurent sous le
titre bilan, se trouve le résultat obtenu
en faisant la différence entre les ressources et les besoins
totaux de chaque bassin, de manière à ce que les
valeurs négatives indiquent que les besoins (dans la situation
actuelle, les usages réels) sont supérieurs aux
ressources hydrauliques totales du bassin; c'est -à-dire
que le bilan global est déficitaire. Dans la seconde colonne
figurent les valeurs des déficits locaux qui sont indépendants
du bilan global.
Il apparaît que presque tous les bassins ont un déficit
local quelconque et certains d'entr' eux, un déficit global.
Un cas particulièrement remarquable est celui du bassin
du Segura dont les besoins actuels sont bien plus élevés
que ses propres ressources naturelles. Cette situation est en
partie soutenable grâce au système actuel de transfert
Tage-Segura et, dans certains cas, grâce à la réutilisation
des eaux.
L'administration hydraulique
Dans notre pays, l'organisation institutionnelle s'occupant de
la gestion de l'eau débuta en 1926 avec la création
des confédérations syndicales hydrographiques, nommées
plus tard confédérations hydrographiques, organismes
autonomes de l'Etat dépendant du Ministère des Travaux
Publics et des Transports qui, dans certains cas s'occupent des
grands bassins naturels de certains fleuves (Douro, Tage, Guadiana,
Guadalquivir, Segura, Jucar et Ebre) et, dans d'autres cas, regroupent
des bassins à caractéristiques similaires de fleuves
de moindre importance que les précédents (nord,
sud et Pyrénées orientales).
La loi sur les eaux 29/1985 du 2 août, prévoit que
dans les bassins hydrographiques qui dépassent les limites
territoriales d'une communauté autonome, devront se constituer
des organismes de bassin portant le titre de confédérations
hydrographiques. Dans le cas de bassins qui sont entièrement
sur le territoire d'une communauté autonome, cette dernière
exerce ses compétences sur le pouvoir public hydraulique
et celà figure dans ses statuts, comme c'est le cas de
la Catalogne, d'une partie de la Galice (la côte de Galice),
et de façon partielle dans les Iles Baléares. Les
Iles Canaries jouissent d'une législation spécifique
qui leur est propre.
Sur le reste du territoire, l'administration hydraulique est exercée
par l'Etat au moyen des confédérations hydrographiques,
organismes publics autonomes qui dépendent du Ministère
des Travaux Publics et des Transports. Les neufs confédérations
hydrographiques qui existent actuellement sont les suivantes :
- Confédération hydrographique du Nord
- Confédération hydrographique du Douro
- Confédération hydrographique du Tage
- Confédération hydrographique du Guadiana
- Confédération hydrographique du Guadalquivir
- Confédération hydrographique du Sud
- Confédération hydrographique du Segura
- Confédération hydrographique du Jucar
- Confédération hydrographique de l'Ebre
Cadre légal
Actuellement, le cadre légal qui contrôle l'utilisation
de l'eau est présidé par la nouvelle Loi sur les
eaux de 1985, qui définit dans son préambule que
la disponibilité de l'eau, tant en quantité comme
en qualité ".... doit s'obtenir sans dégrader
l'environnement en général ni la ressource en particulier
tout en minimisant les coûts socio-économiques et
en distribuant équitablement les charges occasionnées
par le processus, ce qui exige une planification hydrologique
préalable".
Cette planification hydrologique dépend de la planification
économique générale du pays et doit être
coordonnée avec les différentes planifications sectorielles;
ses objectifs sont "... une meilleure réponse aux
besoins en eau ainsi que l'équilibre et l'harmonie du développement
régional et sectoriel par l'augmentation de la disponibilité
de cette ressource, la conservation de sa qualité, l'économie
de son utilisation et la rationalisation de son emploi en équilibre
avec l'environnement et les autres ressources naturelles"
(article 38.1 de la Loi sur les eaux). Celà vise à
ce que le manque de disponibilité en eau ne se transforme
pas en un facteur qui limite la croissance économique régionale.
Un moyen d'éviter une disponibilité insuffisante
est l'adoption de mesures de rationalisation et d'économie.
Cependant, à cause des inégalités hydrologiques
qui existent sur notre territoire, ces mesures ne seront pas suffisantes
et il sera nécessaire de songer à un rééquilibre
hydraulique par le transfert des ressources excédentes
vers les zones déficitaires. Actuellement, ce processus
de planification hydrologique est sur le point de culminer avec
les premiers plans hydrologiques de bassin et le plan hydrologique
national dans lesquels on pourra trouver, le moment venu, la définition
complète de la politique hydraulique.
Historique des travaux hydrauliques
en Espagne
Les difficultés rencontrées pour exploiter
de façon naturelle les ressources hydrauliques obligèrent
à réaliser prématurément les travaux
nécessaires pour garantir la disponibilité de celles-ci.
C'est pour celà qu'il existe en Espagne une solide tradition
en matière hydraulique, dont un de ses plus anciens piliers
date de l'époque romaine. Les romains réalisèrent
toutes sortes de travaux hydrauliques depuis des barrages de régularisation
jusqu'à des conduites pour transporter l'eau pour : approvisionnement,
arrosage, usage industriel comme le lavage des minerais, et de
manière occasionnelle, des canaux de navigation. Il y a
encore en Espagne des vestiges de tous ces travaux, sauf dans
le dernier cas.
La plupart d'entre eux eurent comme but l'approvisionnement
en eau de la population. Beaucoup d'autres, cependant, servaient
pour l'irrigation, comme la "Acequia Condal de Barcelona"
qui utilisait l'eau du fleuve Besos, les travaux des plaines de
Francoli, des plaines des fleuves Turia, Mijares et Palancia,
ainsi que d'autres régions valenciennes.
Ces travaux linéaires étaient jalonnés
d'autres oeuvres singulières (étangs, prises, aqueducs,...).
On peut encore en admirer certaines, entre autres les aqueducs
de Las Fereras (Tarragone), San Lazaro à Mérida
et celui de Ségovie.
Une partie importante du réseau romain de
canaux a survécu jusqu'à nos jours, en plus ou moins
bon état.
Il suffit de citer les canaux de Cornalvo, Porserpina
et Rabo de Buey dans les alentours de Mérida, celui de
Andelos en Navarre, celui de Segobriga (Cuenca), de Tarragone,
ceux de Castropodame (Leon) et le Canal de Cella dans la province
de Teruel qui constitue, sans nul doute, le premier antécédent
historique d'un transfert entre différents bassins hydrographiques.
Par ailleurs, plusieurs barrages romains sont encore
là, comme ceux de Cornalvo et Proserpina (premier siècle
après J.C.) édifiés pour l'approvisionnement
en eau de la ville de Mérida.
Un autre jalon important du point de vue historique
fut la période arabe à laquelle nous devons l'application
des techniques hydrauliques orientales et l'acclimatation de nouvelles
cultures, entre autres, le riz, l'orange et le coton. Les systèmes
traditionnels d'irrigation du Genil à Grenade, du Guadalentin
et du Segura à Murcie, du Jucar, Turia et Palencia à
Valence, du Mijares à Castellon et bien d'autres, ont leur
origine à l'époque musulmane. D'ailleurs, l'utilisation
d'engins et de mécanismes pour élever l'eau proliférèrent,
tels que les roues hydrauliques ou verticales, semblables à
celles que l'ont peut observer à La Nora (Murcie).
D'autres canaux historiques, qui fonctionnent encore
partiellement, sont le canal Impérial d'Aragon et le Canal
de Castille, conçus au départ pour la navigation
et l'irrigation.
Actuellement, on peut dire que l'Etat possède
plus de cinq mille kilomètres de réseau en service
pour l'approvisionnement des personnes, et presque dix mille kilomètres
pour l'irrigation avec un débit supérieur à
dix mètres cubes par seconde. Le tiers des mille grands
barrages dont la capacité atteint 50.000 hm3, appartient
à l'Etat, ce qui représente 60% de la capacité
totale retenue.
En plus de ces infrastructures pour transporter l'eau
en vue de l'approvisionnement des personnes, de l'irrigation ou
de l'exploitation hydroélectrique, il existe un patrimoine
inestimable qui n'est pas quantifié dans son ensemble et
qui est destiné à la distribution, à l'assainissement
et au drainage, mais auquel il conviendrait d'ajouter au moins
620 km de protection contre les crues et 919 km d'endiguement
dans les bassins situés sur plusieurs communautés
autonomes. De nos jours, le seul cours d'eau qui est muni de dispositifs
permanents suffisamment importants pour la navigation est le fleuve
Guadalquivir à Séville.
Transferts actuels
Il convient de mentionner, de par leur grande portée,
les transferts qui existent actuellement en Espagne et qui sont
le reflet de l'effort réalisé pour corriger les
déséquilibres hydrologiques entre les bassins, déséquilibres
qui s'accentueront avec le temps et qui obligeront à poursuivre
cet effort de façon continue.
Nous citerons exclusivement les transferts entre
les différents bassins hydrographiques.
(1) Ebre - Besaya
Entre le bassin de l'Ebre et celui du Nord
(plan II). Il est conçu comme un transvasement équilibré
pour régulariser le débit du Besaya par le barrage
sur l'Ebre et en détourner une partie vers le Nord pour
l'approvisionnement de la ville de Torrelavega. Le volume d'eau
transporté depuis l'Ebre est supérieur à
celui qui est reçu (3 hm3/an).
(2) Zadorra - Arratia
Depuis le bassin de l'Ebre jusqu'à
celui du Nord (plan III), pour renforcer l'approvisionnement
de Bilbao; le volume transporté est de 157 hm3/an.
(3) Tage - Segura
Il s'agit, actuellement, de la réalisation
espagnole de plus grande envergure et elle est régie par
une législation spéciale. Vu son caractère
particulier, nous traiterons ce cas à part.
(4) Segura - Jucar
Un volume de 60 hm3/an d'excédents est détourné
pour l'irrigation de la rive gauche de la zone du Levant; il est
puisé aux alentours de l'embouchure du fleuve Segura.
(5) Ebre - Pyrénées orientales (Tarragone)
Bien que le système installé ait une
capacité de 125 hm3/an, les demandes actuelles sont satisfaites
avec seulement 40 hm3/an. Dans l'avenir, il devra fonctionner
à plein rendement.
Le transfert Tage - Segura
Sans aucun doute, de tous ceux que nous avons mentionnés,
il convient de distinguer de par son envergure le transfert Tage
- Segura entre les bassins des fleuves du même nom. Il s'agit
de la première pièce d'un vaste plan de correction
des déséquilibres hydrologiques nationaux, en vue
d'empêcher que le manque d'eau se convertisse en un facteur
limitant le développement économique du sud-est
de la péninsule. Dans ce but, il est nécessaire
de garantir le maintien durable de l'approvisionnement en eau
des villes ainsi que sa distribution pour l'irrigation des zones
agricoles à culture de haute rentabilité. Comme
nous l'avons remarqué dans les bilans hydrauliques antérieurs,
il n'est pas possible de satisfaire ces besoins avec les ressources
propres du bassin du Segura qui atteint déjà un
fort déficit hydraulique et souffre de graves problèmes
de surexploitation de ses nappes aquifères, surexploitation
évaluée à 350 hectomètres cubes par
an (hm3/an).
Sans vouloir nous étendre sur les caractéristiques
purement techniques de ce transfert, son envergure se résume
par les chiffres suivants :
La structure principales du transfert est l'aqueduc
Tage-Segura qui relie le barrage réservoir de Bolargue,
sur le Tage, avec celui de Talave sur le fleuve Mundo, affluent
du Segura, au moyen d'une conduite de 242 km de long qui permet
la déviation d'un débit maximum de 33 m3/seconde.
Les travaux de l'aqueduc ont été exécutés
en quatre tronçons :
| Tronçon I | - Surélévation de Altomira |
| Tronçon II | - Canal de la Bujeda - Alarcon |
| Tronçon III | - Canal de Alarcon - La Manche |
| Tronçon IV | - Tunnel de Talave |
Profil longitudinal de l'Aqueduc Tage-Segura
Données générales
Provinces : Guadalajara, Cuenca et Albacete
| Parcours total des eaux | 292 km |
| Longueur totale des travaux | 242 km |
| Par canalisations | 1.225 km |
| Par canal à ciel ouvert | 172 km |
| Par tunnel | 58 km |
| Par aqueduc | 11 km |
| Puissance du débit | 33 m3/s |
| Volume annuel | 600 hm3 |
La régularisation générale est garantie en
amont de Bolarque au moyen des barrages géants de Entrepeñas
(890 hm3) et de Buendia (1 520 hm3). Celà permet la régularisation
annuelle de la source du Tage, avec une moyenne annuelle sur ce
tronçon de 1 400 hm3/an.
La distribution des eaux se réalise au moyen des travaux
postérieurs au transfert, dont les principales caractéristiques
techniques sont les suivantes :
|
|
| |
| Barrage de Ojos
Réservoir régulateur de El Mayés Réservoir régulateur de Crevillente Barrage de la Pedrera | 1,6
1,4 13,5 250,0 |
| 52
300 360 700 |
| Longueur totale des canaux | 275 km |
| Débit maximum | m3/s |
| Débit minimum | 7 m3/s |
| Longueur totale des tunnels | 25 km |
| Longueur du tunnel le plus long | 4 km |
| Longueur totale des syphons | 24 km |
| Longueur du syphon le plus long | 5 km |
| Hauteur maximum de charge | 90 m |
| Longueur totale des aqueducs | 7 km |
| Longueur de l'aqueduc le plus long | 1 800 m |
| Hauteur maximum de l'aqueduc | 46 m |
Prélèvement de Ojos
| Puissance totale | 40 000 kw | |
| Nombre de groupes | 4 | |
| Hauteur d'élévation | 150 m | |
| Débit maximum | 23 m3/s |
Prélèvement de Alhama :
| Puissance totale | 11 750 kw | |
| Nombre de groupes | 5 | |
| Hauteur d'élévation | 116 m | |
| Débit maximum | 10 m3/s |
Prélévement Blanca :
| Puissance totale | 9 000 kw | |
| Nombre de groupes | 5 | |
| Hauteur d'élévation | 171 m | |
| Débit maximum | 3 m3/s |
Prélèvement de Fuente Alamo :
| Puissance totale | 7 500 kw | |
| Nombre de groupes | 4 | |
| Hauteur d'élévation | 92,87 m | |
| Débit maximum | 4,64 m3/s |
| En irrigation | Ressources (hm3) | Surface arrosage (Ha° | ||
| Plaines Haute et Moyenne du Segura | 65 | 50 | 9 451 | 8 927 |
| Irrigation de Mula et sa région | 8 | 9 | 1 500 | 1 050 |
| Lorca et vallée du Guadalentin | 65 | 80 | 6 731 | 19 214 |
| Irrigations du Levant, Vega Baja et Saldares de Alicante | 125 | 80 | 27 390 | 23 293 |
| Campo de Carthagène | 122 | 31 | 23 000 | 9 800 |
| Vallée de Almanzora (Alméria) | 15 | -- | 3 000 | ----- |
| Total irrigations | ||||
| En approvisionnement | 110 | |||
| Pertes | 90 | |||
| Quantité totale déviée du Tage | ||||
La distribution théorique des 600 hm3 d'eau déviés
représente le plafond théorique de la possibilité
de l'ouvrage, seuil qui n'a pas encore été atteint.
Le but du transfert est de faire passer les excédents de
la source du Tage au bassin du Segura, à partir duquel
ils sont distribués à une vaste zone des provinces
de Murcia, Alicante et Almeria pour subvenir aux besoins en approvisionnement
et irrigation.
Ce système fonctionne depuis quatorze ans et le volume
moyen d'eau dévié est de l'ordre de 257 millions
de mètres cubes par an, dont à peu près un
tiers est destiné à l'approvisionnement. Le volume
moyen dévié au cours des huit dernières années
s'élève à 330 millions de mètres cubes
annuels, chiffre plus représentatif que le précédent
à cause de l'influence à la baisse des débuts
de son exploitation.
| Campagne | Bujeda | Tablas | Segura |
| 78/79 | 63,156 | 0,000 | 63,156 |
| 79/80 | 36,000 | 0,000 | 36,000 |
| 80/81 | 253,054 | 0,000 | 253,054 |
| 81/82 | 344,615 | 0,000 | 344,615 |
| 82/83 | 94,104 | 0,000 | 94,104 |
| 83/84 | 141,106 | 0,000 | 141,106 |
| 84/85 | 349,748 | 0,000 | 349,748 |
| 85/86 | 353,015 | 0,000 | 343,015 |
| 86/87 | 377,205 | 0,000 | 377,205 |
| 87/88 | 387,547 | 12,094 | 375,453 |
| 88/89 | 360,679 | 13,330 | 347,349 |
| 89/90 | 265,797 | 15,789 | 250,008 |
| 90/91 | 317,720 | 17,720 | 300,000 |
| 91/92 | 253,500 | 6,500 | 247,000 |
Sur un volume théorique transféré de 350
hm3/an, la répartition serait la suivante :
Bassin de Guadiana, conservation des
| écosystèmes humides des Tablas de Daimiel | 20 hm3 |
Bassin du Segura :
| Approvisionnement (Canales Taibilla) | 110 hm3 |
| Reste du bassin | 130 hm3 |
| Bassin du Jucar | 85 hm3 |
| Bassin du Sud (approvisionnement de Almeria) | 5 hm3 |
| Total | 350 hm3 |
Les tâches techniques de mise en oeuvre et d'entretien des
travaux de transfert pour incorporer les eaux au bassin du Segura,
sont exécutés par la Confédéraion
Hydrographique du Tage (organisme qui gère les eaux du
bassin du Tage).
Les aspects administratifs et l'assignement des ressources relèvent
de la Commission centrale d'exploitation de l'aqueduc Tage-Segura,
au sein de laquelle sont représentées l'Administration
centrale, les confédérations hydrographiques dont
le térritoire est traversé par les eaux transférées
(C.H. du Tage, C.H. du Guadiana, C.H. du Jucar, C.H. du Segura
et C.H. du Sud), ainsi que les communautés autonomes impliquées
(Castille-La Manche, Murcie, Andalousie, Extrémadure et
Communauté Valencienne). Les usagers sont représentés
par les mêmes Confédérations hydrographiques
mentionnées ci-dessus.
Les tarifs à payer par les usagers qui se servent des eaux
déviées sont élaborés par la Commission
centrale mentionnée plus haut et approuvés par le
Gouvernement.
La composition et les fonctions de cette Commission centrale sont
réglementées par les lois 21/71 et 52/80 et autres
dispositions complémentaires. Parmi les fonctions les plus
remarquables de la Commission se trouvent le calcul des volumes
à transférer en fonction des excédents hydrauliques
de la source du Tage, ainsi que l'élaboration des tarifs
de conduite des eaux en faisant la différence entre celles
qui sont destinées à l'irrigation ou à l'approvisionnement.
Les transferts d'eau prévus pour le futur
Les diverses prévisions faites dans le contexte de la planification
hydrologique mettent l'accent sur une aggravation des déséquilibres
hydrologiques, comme conséquence de la concentration d'une
grande partie des besoins dans les bassins déficitaires.
Bien qu'on ait prévu la mise en oeuvre de plusieurs programmes
pour économiser les ressources, en les utilisant d'une
façon plus rationnelle dans le but d'accroitre la régularisation
interne des bassins et d'obtenir une exploitation intégrale
et parfaite des eaux superficielles et souterraines, il existe
encore un déficit résiduel qui ne pourra être
résolu qu'en faisant appel à la solidarité
inter-régionale au moyen du transfert des excédents
hydrauliques depuis les bassins excédentaires vers les
bassins déficitaires.
La loi sur les eaux établit que "la prévision
et les conditions du transfert des ressources hydrauliques entre
les territoires correspondant à différents plans
hydrologiques de bassin" sont de la compétence du
Plan hydrologique national.
Actuellement, il existe un avant-projet du Plan hydrologique national.
Après plusieurs étapes préalables de consultation,
il devra être discuté prochainement au Parlement
et approuvé par une loi. Ce sera donc celle-ci qui fixera
la politique hydraulique à suivre dans le futur, selon
ce qui est établi dans l'article 45 de la Constitution
espagnole : "Les pouvoirs publics sont responsables de l'utilisation
rationnelle de toutes les ressources naturelles afin de protégér
et améliorer la qualité de la vie et défendre
et restaurer l'environnement, avec le concours de l'indispensable
solidarité collective".
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