Cambodge : Le Bassin du Stung Sen, pilote de la Gestion Intégrée de Bassin

Ce projet de l’OIEau, qui a obtenu le soutien des Agences de l’Eau Loire-Bretagne et RhinMeuse, a pour objectif d’améliorer la gouvernance de l’eau par la promotion de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) sur le Bassin du Stung Sen, principal affluent du Lac Tonle Sap, et il entre dans sa troisième phase.

Les deux phases précédentes ont permis des avancées réelles :

  • la mise en œuvre des étapes de la planification des ressources en eau avec les Membres du Comité de Bassin du Stung Sen : caractérisation du bassin, définition des enjeux et des objectifs, établissement du programme d’actions associé et évaluation des coûts ;
  • la formation des équipes de l’Autorité du Tonle Sap (TSA), du Ministère des Ressources en Eau et de la Météorologie (MOWRAM) et du Secrétariat du Comité National pour la Gestion des Bassins Versants sur la formation de formateurs et sur l’organisation des Systèmes d’Information sur l’Eau.

Au cours de ces dernières années, le Comité de Bassin du Stung Sen s’est réuni à plusieurs reprises, notamment en présence du Ministre du MOWRAM, M. LIM Kean Hor, et des Directeurs Généraux des Agences de l’Eau Loire-Bretagne et Rhin-Meuse en mars 2016. Ainsi, la première version du Plan de Gestion et du Programme de Mesures du Bassin du Stung Sen a pu voir le jour, grâce au travail réalisé avec les équipes de la TSA, du MOWRAM et des représentants locaux.

Des réunions avec les Ministères de l’Economie et des Finance, de l’Environnement, des Travaux Publics et des Transports, du Développement Rural, ont permis d’identifier des financements potentiels au niveau national pour la mise en œuvre des actions de ce Plan de Gestion.

En matière de production de données sur l’eau, le Gouvernement du Cambodge met en œuvre une politique très dynamique et a récemment installé sur le territoire national 15 nouvelles stations de mesures hydrologiques - dont 4 dans le Bassin du Stung Sen - et 15 stations de mesures météorologiques - dont 2 dans le Bassin du Stung Sen.

Ces nouvelles données permettront de compléter et d’affiner les résultats des analyses statistiques pluviométriques et hydrologiques prises en compte dans la caractérisation du bassin versant.

En matière de gestion des données, le projet a apporté un appui méthodologique au développement des couches SIG de référence sur les rivières et les sous-bassins. En complément, un travail d’intégration des données produites par les stations automatiques est en cours avec valorisation en cartographie dynamique disponible sur le Portail Web de l’Autorité du Tonle Sap.

Afin d’approfondir le travail de caractérisation du bassin, l’équipe du TSA-MOWRAM a réalisé plusieurs survols du Stung Sen à différentes périodes de l’année, afin de mieux connaître l’état du fleuve et de ses berges.

Ces missions ont permis de collecter un grand nombre de photographies aériennes qui donnent une vue d’ensemble de la région. Le premier survol en saison sèche a confirmé que, comme ses voisins, le Stung Sen a souffert d’une saison exceptionnellement sèche cette année encore, mais reste encore relativement préservé.

La troisième phase du projet, qui a débuté en 2016, se focalise, au niveau du Stung Sen et de l’ensemble du pays, sur le financement de la politique de gestion de l’eau et le consentement à payer des usagers.

Elle comporte également l’approfondissement de la formation de formateurs, la préparation de guides méthodologiques nationaux pour le processus de planification et le renforcement du lien entre projets de coopération institutionnelle et projets de solidarité. Le champ d’action du projet s’élargira également à l’échelle du Bassin du Lac Tonle Sap pour y développer un Etat des Lieux.

En coordination avec le projet, plusieurs ONG françaises travaillent à des actions d’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans le bassin. C’est le cas par exemple de l’association Kraing Speu, qui installe un système d’adduction d’eau potable fonctionnant à l’énergie photovoltaïque dans le village de Thmey, et qui a réalisé cette année le forage et la construction du château d’eau.