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Synthèse technique - Synthèse des connaissances sur la présence de substances médicamenteuses dans les milieux aquatiques. En France et dans quelques pays

Petit k. / Teysseire R. - RAPPORT - 2013

Les études révèlent la présence ubiquitaire de résidus de plusieurs médicaments dans l’environnement. Des concentrations de l’ordre de quelques nanogrammes à quelques microgrammes par litre ont ainsi pu être mesurées dans la plupart des compartiments. Les rejets urbains sont vite apparus comme les plus gros contributeurs à la contamination des milieux aquatiques, les stations d’épuration urbaines n’étant pas conçues pour traiter les micropolluants. Les dernières recherches effectuées montrent cependant qu’elles permettent quand même d’éliminer une partie des produits pharmaceutiques présents dans les eaux résiduaires urbaines avec des performances variables selon la substance. Cependant, un certain nombre de composés polaires et persistants sont retrouvés en sortie de station, et à terme dans les eaux de surface. La diversité des substances et les concentrations sont plus importantes dans les cours d’eau que dans les eaux souterraines qui bénéficient de la protection assurée par le sol et le sous-sol traversés et sont peu exposées aux rejets urbains. Ces eaux, lorsqu’elles sont destinées à la production d’eau potable vont subir un traitement en usine de potabilisation, dont les rendements d’élimination restent très variables d’une station à l’autre et dépendent fortement des propriétés physico-chimiques des composés. Un certain nombre de substances pharmaceutiques sont ainsi retrouvées dans les eaux traitées.
Des études similaires réalisées à l’étranger aboutissent aux mêmes conclusions. La Suède, le Royaume-Uni, la Suisse et le Canada conduisent également sur leur territoire des actions de surveillance qui permettent de mesurer le degré d’imprégnation des substances pharmaceutiques dans les différents compartiments de l’environnement. Les concentrations en substances pharmaceutiques dans les eaux potables restent bien inférieures aux doses administrées en thérapeutique. Cependant, ces études restent prudentes à propos du risque encouru sur le long terme,  par certaines populations plus vulnérables (enfants, femmes enceintes, malades autoimmuns). Par ailleurs, des interrogations subsistent quant aux effets engendrés par la présence de composés en mélange, susceptibles d’agir de manière synergique, augmentant ainsi le risque pour les individus exposés. Outre les risques sanitaires évoqués, la présence des résidus de médicaments dans les écosystèmes aquatiques est susceptible d’engendrer une certaine toxicité pour la flore et la faune. En ce qui concerne l’évaluation des risques de toxicité chronique, des efforts de recherche restent à mener.
Enfin, certaines mesures de gestion du risque sont mises en place à l’étranger. La Suède, par exemple, a élaboré un système de classification environnementale des médicaments consultable en ligne, dans le but d’informer le grand public et les professionnels de santé...

 

 

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