L'exposition aux risques sanitaires des pêcheurs de coquillages en Bretagne Nord. Approches cartographique et comportementale. Rapport d’étude menée en 2016

La pêche à pied de loisir fait l’objet d’un regain d’intérêt depuis quelques années. La demande d’information, notamment sur la question sanitaire, est de plus en plus forte à mesure de la prise de conscience des usagers des risques associés. Depuis 2013, le Laboratoire Environnement Ressources Bretagne Nord conduit le projet RESP²ONsable (RisquEs Sanitaires de la Pêche à Pied récréative & communicatiON) en partenariat avec l’Agence Régionale de la Santé et les autres LER Bretons (LER Bretagne Occidentale, LER Morbihan Pays de la Loire). Il s’agit d’un projet de communication grand public des risques sanitaires liés à la pêche à pied des coquillages au moyen d’une plateforme web dédiée : www.pecheapied-responsable.fr. Des publics très variés s’adonnent aujourd’hui à cette pratique, véhiculant un certain nombre de questionnements et de présupposés autour d’eux. Qui sont-ils, qui prend plus de risques sanitaires, doit-on les cibler, comment mieux les sensibiliser, y a-t-il des secteurs géographiques à prioriser ? En 2016 le projet RESP²ONsable a mené une étude sur l’exposition aux risques sanitaires des pêcheurs de coquillages en Bretagne Nord, en s’adjoignant de nouveaux partenaires, l’association VivArmor Nature et la Réserve Naturelle de la baie de Saint-Brieuc. Une approche cartographique, croisant la fréquentation des gisements et leur qualité sanitaire, a permis de mettre en œuvre une méthodologie d’identification des zones prioritaires de risques. Une approche comportementale, basée sur 121 enquêtes auprès des pêcheurs (échantillon représentatif de 30% de la population), a été réalisée sur cinq sites différents. Les pêcheurs à pied de loisir sont encore peu conscients des risques sanitaires liés à la consommation des coquillages de leur pêche. Peu déclarent s’informer sur la qualité sanitaire, soit 15% des usagers, mais 40% d’entre eux étaient sur un site sanitairement interdit. Cependant, l’étude a montré que les usagers qui connaissent ces dangers les prennent mieux en compte (coefficient de pearson -0,461, p<0.0001). Aucune particularité de la population prenant le plus de risques n’a été significativement mise en évidence (pêcheur régulier/néophyte, local/touriste, période, âge…). La communication sur le risque reste nécessaire, elle doit être amplifiée et doit viser un public large. 60% des usagers déclarent respecter les règles, 44% d’entre eux étaient sur un site interdit. Les messages et les supports de communication doivent être accessibles et adaptés. A cette fin, le média du numérique est à privilégier pour son accès et sa réactivité (forte demande des usagers), en complément de méthodes plus traditionnelles mais plus ciblées, telles que les panneaux d’affichages et la presse locale. Seuls 5% des interrogés connaissent le site internet RESP²ONsable, mais une enquête réalisée en ligne indique que 79% des internautes sont satisfaits de ce média. Il existe une importante marge de progression pour la fréquentation du site qui comptait déjà 120 000 connexions en 2016. Des développements du site internet sont à l’étude (information cartographique, interactivité…) pour répondre à la demande des pêcheurs à pied.

Métadonnées du document