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Les Documents de travail
Atelier 3

 

PRESENTATION DES ACTIONS DE LA
BANQUE OUEST-AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT

 

 

0. INTRODUCTION

Le problème posé par la disponibilité de l'eau et de son utilisation adéquate dans le monde et en particulier en Afrique Sud Saharienne est d'une brûlante actualité.

C'est pourquoi nous saluons l'initiative prise par les organisateurs de la présente conférence Internationale "Eau et Développement Durable". Nous vous remercions d'avoir invité la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) à prendre part à cette assise. Nous nous réjouissons de l'opportunité qui nous est offerte de participer aux réflexions susceptibles de trouver des voies et moyens d'optimiser l'utilisation de l'eau, ressource rare dans la plupart des pays membres de la BOAD et de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations.

La BOAD est heureuse de participer à la recherche de voies et moyens visant l'élaboration de stratégies nécessaires pour améliorer la protection et la gestion des ressources en eau dans les zones rurales et urbaines.

Aussi, avant de vous exposer l'expérience de la BOAD dans le domaine de l'eau, permettez nous d'abord de vous présenter brièvement cette institution.

 

I. PRESENTATION DE LA BOAD

Créée en 1973 et devenue opérationnelle en 1976, la BOAD est l'institution commune de financement du développement des huit Etats membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), à savoir : le Bénin, le Burkina, la Côte d'Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. La plupart de ces pays ont un caractère sahélien marqué et tous appartiennent entièrement ou partiellement à la zone Soudano Sahélienne. Ils sont donc confrontés au problème de la sécheresse et de la désertification. Leur développement est conditionnée par une maîtrise et une gestion rationnelle de l'eau.

La BOAD est un établissement public international dont le siège social est fixé à Lomé (Togo). Son capital social autorisé est 240 milliards de francs CFA.

Les domaines d'intervention de la Banque sont les suivants : le développement rural, les infrastructures de base et modernes, l'industrie, les petites et moyennes entreprises de production et de services, le transfert de la propriété à des ressortissants de l'UEMOA, des moyens de production et de distribution des biens et services.

Les interventions de la Banque se font sous forme de prêts, de prises de participation au capital social des entreprises, d'aval ou de garantie, d'allégement des conditions d'emprunts par bonification d'intérêt, de financement d'études de factibilité.

A ce jour, le montant global des concours de la Banque au bénéfice des Etats membres s'établit à 350 milliards de francs CFA.

 

II. INTERVENTIONS DE LA BOAD DANS LE DOMAINE DE L'HYDRAULIQUE URBAINE, RURALE, PASTORALE ET AGRICOLE

Les interventions de la Banque dans le domaine de l'eau concernent 40 opérations pour un montant global de 64,39 milliards de F CFA (soit 18,5 % de l'ensemble de son financement), auxquels il convient d'ajouter des interventions en la matière dans le cadre d'une dizaine de projets de développement rural intégré.

 

2.1. Hydraulique Urbaine

A ce jour, la Banque a financé six (06) projets d'hydraulique urbaine pour un montant de 17,1 milliards de F CFA soit 26,6 % des interventions dans le secteur.

 

2.2. Hydraulique Rurale

En hydraulique rurale, les opérations financées concernent des projets d'hydraulique villageoise et de mini-réseau d'adduction d'eau pour les localités importantes.

Les projets financés à ce jour sont au nombre de dix neuf (19) dont deux projets de mini-réseau d'adduction d'eau, pour un montant total de 27,1 milliards de F CFA soit 42 % de l'ensemble du secteur.

 

2.3. Hydraulique Pastorale et Agricole

La Banque a financé quinze (15) projets dont l'essentiel est localisé dans les pays du Sahel (13 projets) où la pluviométrie est aléatoire, pour un concours total de 20,2 milliards de F CFA soit 31,4 % des engagements totaux du secteur.

 

III. CONTRAINTES RELEVEES DANS LE SECTEUR ET PROPOSITIONS D'AMELIORATION

Au travers de l'évaluation et du suivi des projets la Banque relève les contraintes et tire les conclusions suivantes :

 

3.1. Hydraulique Urbaine

Les principaux problèmes inhérents à ce sous-secteur concernent le coût de la maintenance des équipements relativement élevé et les tarifs fixés par les Etats trop faibles par rapport aux charges d'exploitation ; en outre une extension rapide des centres urbains due à une démographie non maîtrisée entraîne une saturation rapide des équipements et réseaux de distribution mis en place ; enfin, la question d'élimination des eaux usées est devenue un réel problème de salubrité publique particulièrement dans les grandes agglomérations.

 

Face à ces contraintes, il y a lieu :

- de prendre des dispositions de manière à assurer une gestion financière saine des sociétés d'eaux avec une politique de résorption des impayés (privés et administrations) ;

- d'adopter une politique de tarification en rapport avec l'évolution des charges d'exploitation tout en préservant l'intérêt public général ;

- de tenir compte de l'évolution démographique et du plan cadastral en faisant des projections à long terme dans le montage des projets ;

- d'inclure nécessairement dans les projets un volet assainissement pour résoudre le problème lancinant de traitement et d'élimination des eaux usées.

 

3.2. Hydraulique Rurale

Les problèmes fréquemment relevés au niveau de l'hydraulique rurale sont les suivants :

- la gestion et la maintenance généralement défectueuses des investissements mis en place ;

- la non disponibilité des pièces de rechange et de personnel qualifié ;

- la sous fréquentation des points d'eau réalisés due à un déficit d'information des populations bénéficiaires qui considèrent par ailleurs ces points d'eau comme des charges supplémentaires.

Aussi les programmes et projets futurs devront-ils :

- mettre en place des mécanismes de gestion et de maintenance des ouvrages qui responsabilisent les populations bénéficiaires (création de comités locaux de gestion de point d'eau, mise en place de fonds villageois, formation des artisans réparateurs locaux) ;

- créer un réseau décentralisé de points de vente de pièces de rechange de manière à le rapprocher davantage des populations nécessiteuses et, dans le souci de rentabiliser ledit réseau, mener des réflexions en vue de limiter les types et marques des moyens d'exhaure dans les différents pays ;

- mettre un accent particulier sur l'éducation sanitaire de manière à informer suffisamment les populations bénéficiaires sur les maladies hydriques et les avantages de l'usage de l'eau potable et ce en particulier dans les zones où les usagers disposent d'autres sources traditionnelles d'approvisionnement en eau généralement polluées.

 

3.3. Hydraulique Agricole et Pastorale

Le développement des aménagements hydroagricoles et pastoraux rencontre les principaux problèmes ci-après :

- la non maîtrise technique de la gestion et de la maintenance des aménagements ;

- l'insuffisance des moyens requis pour la mise en valeur des aménagements et la commercialisation des productions ;

- la préparation insuffisante des bénéficiaires pour la prise en charge des aménagements transférés suite au désengagement de l'Etat des secteurs productifs amorcé dans le cadre des programmes de restructuration du secteur agricole ;

Pour lever ces contraintes qui entravent la bonne exécution des programmes, il est indispensable de prendre les dispositions appropriées notamment :

- impliquer les populations dans l'identification, la conception et la réalisation des projets de manière à répondre à leurs préoccupations d'une part et d'autre part faciliter l'appropriation des aménagements par lesdites populations ;

- faire en sorte que la taille des aménagements et les moyens de mobilisation et de distribution de l'eau soient maîtrisables par les populations bénéficiaires en favorisant l'émergence des petits périmètres villageois et l'irrigation gravitaire ;

- prévoir nécessairement dans les programmes et projets des volets formation et structuration des organisations paysannes de manière à les préparer à jouer conséquemment leur rôle futur dans la prise en charge du fonctionnement et de l'entretien des aménagements et infrastructures hydrauliques réalisés ;

- promouvoir les organisations paysannes de type coopératif et mutualiste de sorte à faire face à la défaillance des structures classiques traditionnelles d'encadrement et de crédit pour la mise en valeur des aménagements et la commercialisation des productions.

 

Ces dispositions constituent un souci permanent de la BOAD dans la préparation et le financement des nouveaux projets afin de garantir au maximum la pérennité des actions entreprises au bénéfice des populations rurales et urbaines dans le secteur de l'eau.


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