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Les Documents de travail Atelier 2 |
SYNDICAT
DES EAUX D'ILE DE FRANCE
SOLIDARITE EAU : UNE DECENNIE D'ACTIONS
I - PRESENTATION DU SYNDICAT
Le Syndicat des Eaux dIle de France est un tablissement public caractre administratif, cre en 1923, qui regroupe 144 communes de la rgion parisienne. Il assume, au nom des communes adhrentes, la responsabilit du service public de leau. Il est, lheure actuelle, le plus important groupement de communes de France, et le premier distributeur deau en France.
Il dessert 4 millions dhabitants, auxquels il distribue 1 million de m3 deau par jour par lintermdiaire dun rseau de 8 700 Km. Pour cela, il dispose de 3 usines de production deau qui salimentent dans la Seine, la Marne et lOise dotes des filires les plus performantes.
Chaque commune est reprsente au sein dun Comit, organe dlibrant du Syndicat. Ce Comit fixe les grandes orientations du service public de leau, dcide des investissements raliser et fixe la tarification aux abonns. Il dsigne galement des reprsentants au sein dun Bureau excutif charg de mettre en oeuvre les dcisions du Comit.
Le bureau est prsid par Andr SANTINI (Ancien Ministre, Dput-Maire dIssy-les-Moulineaux).
Le budget annuel du Syndicat reprsente actuellement 3 milliards de francs dont 1 milliard consacr aux investissements.
Il a dlgu la gestion du service la Compagnie Gnrale des Eaux dans le cadre dun contrat de rgie intresse. Cette formule permet aux lus de conserver le pouvoir de dcision et de contrle sur les investissements, le prix de leau et de garantir une gestion du service public efficace.
En marge de ses activits, il finance depuis 1986 un programme daide au dveloppement dans le domaine de lalimentation en eau potable, nomm Solidarit Eau, qui fait lobjet de cette communication.
II - Le programme Solidarit-Eau
1. Un cadre europen
Au cours de la dcennie de leau qui sest droule entre 1975 et 1985, une rflexion sest engage sur les graves problmes que pose laccs leau dans les pays en voie de dveloppement et sur les solutions qui pouvaient y tre apportes.
Devant le constat dramatique rappel en introduction par notre prsident, les besoins immenses satisfaire pour amliorer laccs une eau saine et en quantit suffisante des populations dfavorises et face la diminution des aides au Tiers-Monde verses dEtat Etat, le Conseil europen des ministres de lenvironnement a dcid dencourager une autre forme de coopration : la coopration dcentralise.
Il sagissait de convaincre, les collectivits territoriales et les organismes professionnels de leau daider directement les initiatives locales des collectivits et des communauts dhabitants du Tiers-Monde qui, faute de moyens, tant techniques que financiers, ne pouvaient aboutir.
Pour promouvoir cette nouvelle forme de coopration, un comit national sest constitu dans chaque tat de la communaut. En France un secrtariat excutif prsid par Stphane Hessel, ambassadeur de France, a t mis en place pour remplir trois fonctions : mise en relation des acteurs, conseils et promotions.
Touchs par cette initiative, les lus du Syndicat des Eaux dIle-de-France ont dcid ds son lancement de soutenir cette action.
2. Un soutien exemplaire du Syndicat
Le Syndicat rassemble essentiellement des communes urbaines de la banlieue de Paris. Nombres dentres-elles sont jumeles avec des communes de pays dEurope mais galement avec des communes du Tiers-Monde et les changes intercommunaux amicaux ou associatifs font partie de leur culture. Les lus des communes du Syndicat ont donc considrs comme naturel, dans un lan de solidarit, daider des communes dfavorises. Dautant quau quotidien le Syndicat contribue la qualit de la vie dans lune des rgions les plus riches du monde. Dans ces conditions, participer un partage de ressources vitales est apparu non seulement comme ncessaire mais comme un devoir.
De plus, au del de lappui financier, son savoir-faire et sa matrise des techniques hydrauliques pouvaient tre mis utilement et efficacement au service des plus dmunis.
3. Un montage financier original
Pour financer son programme daide, le Syndicat mis en place un systme simple et original, en prlevant un centime par mtre cube deau distribu sur son territoire. Un budget de lordre de 3 millions de francs est ainsi assur chaque anne.
Ce systme a deux avantages majeurs :
- Il est indolore pour les consommateurs car le prlvement de 1 centime par m3 reprsente en moyenne deux francs par foyer et par an,
- Il permet de constituer un fonds de solidarit raliment systmatiquement chaque anne, et rend possible un engagement pluri-annuel pour certaines oprations.
4. Les ONG, garantes de la bonne ralisation des oprations
Le fonds de solidarit, une fois mis en place, il fallait garantir sa bonne utilisation. Lloignement gographique, la fragilit ou linexistence des structures locales des pays en voie de dveloppement sont des freins importants et pour le moins des causes de mfiances, lgard de toute action de solidarit. La solution adopte par les lus du Syndicat pour garantir la fois la bonne utilisation de son aide financire et son efficacit sur le terrain a t de recourir un oprateur, lien entre le Syndicat et la collectivit aide. Cest lui quest verse la subvention et il a la charge et la responsabilit de la ralisation du projet.
Les avantages de ce systme sont nombreux :
- Les ONG partenaires du Syndicat ont leur sige en France et une prsence permanente sur le terrain ce qui permet un suivi des oprations envisages, essentiel dans les pays du Tiers-Monde,
- Elles peroivent elles-mmes les subventions attribues aux projets (et non les collectivits locales bnficiaires) et sont seules responsables devant le Syndicat de l'utilisation des fonds verss. Cette responsabilit unique rend plus aise le contrlede lutilisation des aides.
- Les ONG sont confrontes depuis longtemps la mise en oeuvre de projets dans les pays du Tiers-Monde. Elles ont accumul une exprience solide des ralits du terrain et sont ainsi plus armes que les comits de jumelages et les associations de bienfaisance pour mener bien des oprations dans des contextes difficiles o la bonne volont ne suffit pas.
5. Une gestion rigoureuse
Les contrats que traitent les collectivits en France sont rgis par des procdures rigoureuses. Il a sembl important aux lus du Syndicat, toujours dans le souci de garantir la bonne la gestion de fonds public, dappliquer Solidarit-Eau des mcanismes similaires.
Ainsi lorsquun projet est retenu, le Syndicat signe une convention avec lONG qui le prsente. Ce document dfinit les modalits techniques et financires (de versement des subventions, de ralisation de projets) et engage lONG sur la bonne ralisation du projet et le bon emploi des fonds qui lui sont verss. La participation du Syndicat est verse en plusieurs fois. LONG doit fournir 2 rapports trs complets sur tous les aspects du projet : le premier ds achvement des travaux, le second aprs deux ans de fonctionnement. Ils permettent aux lus de suivre le bon droulement des travaux.
La partie technique de lopration est vrifie et valide par les services du Syndicat. Celui-ci met la disposition des ONG son savoir-faire pour dimensionner et concevoir les ouvrages (rseaux, pompes, rservoirs) ou rsoudre des difficults techniques particulires (traitement de leau, dsinfection...) en change les projets mis au point ne peuvent tre modifis sans son accord.
Enfin, le Syndicat envoie rgulirement sur le terrain des dlgus pour vrifier sur place lemploi des fonds verss et la bonne ralisation des ouvrages..
III - Les objectifs du Syndicat
1. Lors du lancement de Solidarit-Eau, les objectifs du Syndicat taient larges :
Il souhaitait aider financirement des projets proposs par des ONG dont le but tait la matrise des ressources en eau.
Deux conditions avaient cependant t fixes par les lus pour conduire le choix des projets :
- Les ouvrages raliser devaient concerner en priorit lalimentation en eau des populations (plutt que lirrigation par exemple),
- ils devaient se situer dans des pays francophones (Afrique et Asie essentiellement), condition essentielle une bonne communication avec les populations concernes et les autorits locales.
De 1986 1988, les projets financs par le Syndicat ont eu essentiellement pour objet la satisfaction de besoins quantitatifs et la lutte contre la dsertification. Ainsi, dans les pays dAfrique du Sahel, le Syndicat a financ de nombreux puits et forages, la construction de digues et barrages en gabions pour lutter contre lrosion et recharger les nappes. Au Cameroun ou au Rwanda, pays plus humides, il a financ galement le captage de sources et linstallation de petites adductions deau et de bornes fontaines.
Mais trs vite, les constats faits sur le terrain par ses lus et ses ingnieurs lors de missions de contrle, ont fait voluer ses objectifs et le choix des projets aids. Le Syndicat a rapidement privilgi deux autres priorits :
- lamlioration de la qualit de leau et du niveau sanitaire des populations,
- la prennit des ouvrages.
Amliorer lhygine de leau, lutter contre les maladies dorigine hydriques
Les maladies lies leau constituent en Afrique, mais aussi en Asie, un problme majeur de sant publique.
Lapprovisionnement en eau potable est un facteur essentiel pour la disparition ou la diminution des maladies dorigine bactrienne, virale ou parasitaire.
Si les forages et la construction de points deau permettent damliorer lapprovisionnement en eau des populations rurales, limpact sanitaire est jusqu prsent rduit.
En effet, le lien eau-sant nest pas vident pour les usagers, qui sont trop souvent inconscients des risques de pollution et expriment gnralement leurs demandes en terme de quantits et non de qualit si leau dlivre par les forages est potable, leau consomme ne lest plus car elle est souvent contamine durant le transport et le stockage.
Pour amliorer limpact sanitaire de son action plusieurs mesures ont t imposes par le Syndicat tous les projets de puits et forages quil finanait.
contrle de la qualit de la ressource: trop souvent des ouvrages neufs exploitent les ressources les plus facilement accessibles mais qui sont contamines ou pollues. Dans ce cas toute possibilit d'amlioration du niveau sanitaire des populations est durablement exclu
Autour de chaque point deau, le projet doit prvoir des amnagements de surface, le protgeant de la divagation des animaux : enclos, murets... et les abreuvoirs doivent tre construits bonne distance des puits et forages destins lalimentation humaine.
Les puits doivent aussi tre quips de dalles, daires maonnes, de margelles et ventuellement couverts.
Tous ces dispositifs empchent que les abords du puits ne deviennent boueux, et que leau ne soit contamine. Ces quipements trs simples qui nous paraissent vidents, nexistent pas autour des puits de villages traditionnels, simples trous creuss dans le sol et laisss sans protection.
Les villageois bnficiaires doivent tre forms une meilleure hygine de leau avant mme la ralisation des travaux. Les programmes de sensibilisation lhygine font dsormais partie intgrante de tous les projets aids par le Syndicat. Les ONG emploient pour cela des techniques trs diverses dont beaucoup sappuient sur le relais des femmes mais toutes reconnaissent ces actions de formation comme essentielles pour amliorer le niveau sanitaire des populations.
Certains projets du programme Solidarit-Eau sont exclusivement consacrs la formation lhygine lchelle dune rgion sans presquaucune construction douvrages. Deux projets phares peuvent tre cits en exemple :
Dans la province du Boulkiembe, au Burkina Faso, 90 coles ont t quipes de rservoirs en poterie dune centaine de litres pour former les enfants des coles la chloration et lhygine de leau. Cette formation dispense lcole avait galement un impact sur les familles des enfants qui servaient de Ò vecteurs dinformations Ó.
LONG EAST a ainsi form plusieurs animateurs burkinab et ce programme sest poursuivi dans les provinces voisines.
Fort de leur exprience africaine, les mdecins et les formateurs dEAST (eau, agriculture, sant.....) ont dvelopp au Vietnam, toujours avec laide du Syndicat, des programmes de formation similaires dispenss aux enfants de 50 coles de la province de Bac Tha situ dans le Nord de Hano de 1994 1996.
Cette opration a consist :
- construire un forage ou un point deau fiable dans chaque cole ainsi que des latrines,
- mettre au point un matriel pdagogique dducation sanitaire en collaboration avec les administrations locales et nationales pour les enseignants,
- mettre disposition du matriel pdagogique et organiser des sessions de formation lhygine pendant 2 ans dans toutes les coles.
Cette opration sest trs bien droule, les autorits locales envisagent actuellement son extension l'ensemble des coles de la province.
Paralllement ces mesures systmatiques daccompagnement, le Syndicat veille la qualit de leau fournie grce son aide financire.
Les projets proposs par les ONG doivent permettre de fournir une eau potable, conforme aux recommandations de lOMS, cest une condition de leur slection et de leur financement.
Toujours dans ce souci damliorer la qualit de leau fournie, le Syndicat a financ et suivi plusieurs projets spcifiques dont par exemple :
- la cration dquipement dun laboratoire national deau potable Ouagadougou au Burkina Faso,
- lextraction ou lidentification des principes actifs floculants de la graine de Moringa afin dtudier les possibilits de substituer au sulfate dalumine import des produits locaux pour le traitement des eaux,
- la ralisation dune petite station de production partir deau de rivire Diagambal au Sngal,
- la mise au point dun chlorateur destin quiper des forages et garantir la fourniture dune eau potable par la diffusion de chlore en continu.
2. Assurer la prennit des ouvrages
Il nest pas rare lorsquon voyage en Afrique Sahlienne de rencontrer dans les villages des puits et des forages quips de matriel rcent, abandonns au profit danciens puits villageois. De mme on voit souvent des panneaux solaires ou des rservoirs inutiliss faute de rparation dune pice manquante ou tout simplement trop coteuse, que les utilisateurs ne pourront se procurer.
Ainsi, au Niger, les autorits gouvernementales tmoignent que plus de 70 % des points deau sont inutilisables au bout de 2 ans. Cette situation dcourageante est en grande partie un hritage des annes 1980 pendant lesquelles, devant laggravation de la situation, les bailleurs de fonds se sont investis massivement dans lhydraulique villageoise sans grande prparation. De nombreux points deau furent raliss de manire prcipite, non coordonne, sans concertation avec les autorits du pays et avec les villageois. Les quipements mis en place taient souvent trop sophistiqus et trop coteux pour tre entretenu par leurs bnficiaires. Enfin, labsence de formation ou tout simplement dimplication ont vite conduit labandon des ouvrages.
Face ce constat, le Syndicat a ds la 2me anne de fonctionnement de son programme Solidarit-Eau impos chaque projet quil finanait des actions daccompagnement pour en assurer la prennit ainsi que quelques prcautions de bon sens :
Veiller lemploi de techniques simples et de matriaux adapts au pays
Ainsi, les barrages raliss au Burkina Faso pour recharger les nappes et lutter contre lrosion ont t construits en gabions laide de pierres et de grillages et non en maonnerie qui aurait ncessit du ciment (trop coteux) et de leau (trop rare).
Le banco (brique de terre et de paille) a t souvent utilis pour la construction de puits, toujours en Afrique sahlienne. Par ailleurs, le Syndicat sest attach ne pas multiplier les types de pompes utilises pour quiper les forages en privilgiant celles dont les bnficiaires pouvaient se procurer aisment des pices de rechange. Cest le cas des pompes Vergnet qui ont sur lAfrique et maintenant sur lAsie un rseau de pices dtaches trs dcentralis et des centres de formation.
En rgle gnrale et sans imposer de techniques pour la construction des ouvrages, le Syndicat veille ladquation entre celles-ci et lquipement des entreprises qui, sur le terrain, vont effectuer les travaux. Il va mme parfois jusqu financer cet quipement (au Mali ou au Burkina Faso) sil peut par ailleurs servir au dveloppement dentreprises locales et la formation dartisans.
Encourager la formation la maintenance
Afin daider les villageois tre plus autonomes laide du Syndicat appuie des actions visant la cration de petites entreprise artisanales dhydrauliques rurales : artisans rparateurs, mcaniciens, puisatiers. Sur chaque projet pris en charge par une entreprise locale avec laide des ONG la formation dun villageois la maintenance du point deau est prvue.
- Impliquer les populations bnficiaires. Cest un facteur essentiel dans la russite d une opration. Elles doivent tre impliques tous les niveaux :
- en amont sur le choix de limplantation et la dfinition dun projet adapt leurs besoins,
- pendant la ralisation, elles doivent prendre en charge une partie des travaux, directement en assurant main doeuvre et travaux simples ou financirement en participant au cot des travaux. aux salaires des puisatiers ou mme, en cas dextrme dnuement, au logement et la nourriture de membres des ONG travaillant au projet.
- enfin, en aval, par la mise en place des comits de gestion de leau. Cest aux collectivits locales que revient la charge de grer les points deau, de mettre en place des systmes de cotisations pour financer fonctionnement et entretien.
Les ONG les aident sorganiser et prvoir laveni, dmarche souvent inhabituelle dans leurs cultures et modes de vie.
3. Typologie des oprations aides :
Le Syndicat soutient 6 types doprations :
Les oprations de type Ò hydraulique villageoise Ó :
Ce sont des ouvrages hydrauliques simples tels que des puits ou des forages. Ils ont pour but :
- damliorer laccs une eau saine,
- daugmenter la disponibilit en eau. Ils comportent systmatiquement des amnagements de surface en vue de prserver la qualit de leau.
et dassurer lalimentation en eau du ou des villages dsigns.
Les oprations de type Ò centre secondaire Ó :
Elles ncessitent la construction de rseau dadduction comprenant : un captage de source ou un forage, la construction dune station de pompage, dun rservoir et la construction de bornes-fontaines alimentes par un petit rseau.
Ces oprations ont pour cible des agglomrations de plusieurs milliers dhabitants o les solutions de type hydraulique villageoise sont inadaptes et o la ralisation dun rseau urbain est conomiquement inenvisageable.
Les oprations Ò en milieu pri-urbain Ó :
Elles ont pour but, par le financement dextensions de rseaux et de bornes fontaines, de permettre laccs leau de populations souvent dfavorises dans les quartiers priphriques en gnral trs pauvres des grandes villes o les ressources traditionnelles sont insuffisantes et en gnral systmatiquement pollues. Ces oprations visent plus particulirement les quartiers nouveaux qui se dveloppent sans aucune infrastructure sanitaire (eau, assainissement, ordures mnagres...).
Les oprations de type Ò ducation sanitaire Ó :
Ces oprations ont pour but dduquer les populations sur les risques encourus par la consommation dune eau non potable et surtout de leur apprendre par des moyens simples dsinfecter leau de boisson o lui conserver sa qualit initiale.
Par le biais du milieu scolaire, gnralement plus rceptif, on tente damliorer la sant et de promouvoir lautodveloppement des populations rurales.
Les oprations de type Ò amnagement hydro-agricoles Ó :
Elles concernent la mise en place de digues filtrantes, de diguettes, de mares artificielles, de barrages... Ces ouvrages ont pour but de couvrir le dficit en eau (retenues deau pour lapprovisionnement et la recharge des nappes) mais aussi de lutter contre lrosion afin de maintenir des activits agricoles.
Les oprations de type Ò tudes / recherches Ó :
Ce sont des subventions accordes des projets ayant pour but de rgler de manire plus globale les problmes dhydraulique des pays en voie de dveloppement. Elles concernent par exemple la cration dun laboratoire national deau potable ( Ouagadougou au Burkina Faso) ou la mise au point de matriel permettant la chloration en aval de pompes manuelles.
IV - Bilan aprs 10 ans daction
Financier
En 10 ans, le Syndicat a financ 98 oprations diffrentes dans 14 pays pour un montant de 35 millions de francs. En ralit, compte tenu des cofinancements institutionnels que son engagement gnr, on peut estimer prs de 100 MF le montant total des oprations auquelles le Syndicat a particip.
Sur les 141 subventions votes par le Syndicat, 8 ont d tre annules. Les oprations correspondantes ont d tre abandonnes essentiellement en raison de troubles politiques (Rwanda, Casamance...).
Population touche
Environ 700 000 personnes ont bnfici directement dune amlioration de laccs leau par la ralisation douvrages hydrauliques (puits, forages, rseaux...). Ce chiffre ne tient pas compte de la population touche indirectement par des actions de grande ampleur de formation ou de sensibilisation lhygine ou par la mise en oeuvre de moyens de contrle de surveillance de leau (laboratoire national du Burkina) ou de dsinfection (chlorateur).
Type dopration
% doprations % financier
Amnagement hydro-agricole 8% 6%
Centre secondaire 17% 26%
Etude / Recherche 3% 3%
Hydraulique villageoise 62% 49%
Prog. dducation sanitaire 3% 6%
Quartier priurbain 3% 6%
Prog. dveloppement intgr 4% 4%
Lhydraulique villageoise et les centres secondaires reprsentent 75% des oprations finances par le Syndicat.
Ouvrages
Puits : 528 Station de traitement : 1
Forages : 229 Postes deau potable : 90
Rseaux : 61 Barrages : 42
Captages : 41 Digues : 84
Bornes-fontaines : 184 Chteaux d'eau : 23
Stations de pompage : 20
En terme de ratio
Le Syndicat a investit en moyenne 50 F pour chaque personne dont il a amlior durablement laccs leau.
Ce ratio peut descendre 10 francs pour les ouvrages les plus simples dhydraulique villageoise.
Cot moyen dune opration : environ 350 KF
Par pays
% doprations % financier
Afrique 89% 84,6%
Asie 11% 15,4%
Ces 4 dernires annes
% doprations % financier
Afrique 77% 63,5%
Asie 23,2% 36,5%
V - Perspectives
En terme de montage
Lmergence vers un partenariat entre les collectivits publiques du Nord et du Sud, notamment en Afrique de collectivits territoriales responsables (communes) rsultent dune dmarche gnrale de dcentralisation qui nous amne associer dornavant directement ces instances locales aux oprations.
Les liens sont maintenant systmatiquement contractualiss entre les collectivits territoriales matre douvrage et les ONG oprateurs.
Cette volution positive mnera probablement le Syndicat terme contractualiser galement ses liens avec les bnficiaires.
La prise en compte de lamlioration du niveau sanitaire des populations se traduit par la systmatisation pour toutes les oprations dun volet formation lhygine qui ne peut se grer que dans la dure.Il est galement apparu que la cohrence globale de nos interventions dans une rgion dtermine ncessite une visibilit sur plusieurs annes.
Cest dans cet esprit quen 1996, des discussions ont t entames avec le Centre National de leau rurale, oprateur public comptent en matire deau potable dpendant du ministre vietnamien de lAgriculture, en vue dlaborer un programme de collaboration sur trois ou quatre ans qui prvoyait la ralisation de points deau et les actions daccompagnement en matire de sant, dducation et de formation dans une province choisie.
Le Syndicat a propos ses interlocuteurs Vietnamiens de mettre en place une mcanisme permettant de gnrer, partir des recettes dgages par prlvement sur la consommation payante de leau dans des rseaux urbains ou priurbains, des financements pour la ralisation de programmes de puits ou de forages en milieu rural particulirement dfavoris et de minis rseaux dans les centres secondaires.
Ces ngociations ont abouti rcemment la rdaction dun projet cadre qui prend en compte la totalit des proposition du Syndicat savoir :
- financement parit par le Syndicat et le Centre National de leau rurale, dadductions et de mini-rseaux dans une province dtermine pendant plusieurs annes,
- cration par les autorits Vietnamiennes dun fonds dintervention destin financer les quipements hydrauliques en milieu rural, partir des ressources financires gnres par la vente de leau de ces mini-rseaux et dans les villes importantes de la province.
Cet accord, sans augmenter les engagements financiers du Syndicat au Vietnam, ( environ 100 000 $ par an) respecte totalement les procdures habituelles du Syndicat en matire de gestion des oprations (intervention de lONG, oprateur local pour le compte du Syndicat) et permet de donner une plus grande cohrence et un maximum dimpact nos actions futures au Vietnam.
Si les solutions techniques et les mcanismes financiers mis en oeuvre prouvent leur efficacit, ce modle mis au point sur une province sera certainement tendu par les Vietnamiens lensemble du pays. Il faudra bien sr que bailleurs institutionnels internationaux prennent le relais du Syndicat, qui ne peut avoir dautre ambition que de financer des oprations de dmonstration permettant de mettre au point des modles reproductibles.
Ce type de partenariat marque une nouvelle tape de nos actions et devrait se dvelopper dans les pays o le Syndicat a une action suivi sur plusieurs annes comme le Burkina ou le Mali...
En terme de nature doprations
Le Syndicat a la volont daccrotre ses actions vers les centres secondaires et les quartiers priurbains o les besoins sont immenses.
En ce qui concerne toutefois les banlieues des capitales, les budgets mettre en oeuvre ncessitent des cofinancements, le Syndicat ne peut intervenir seul.
Le montage doprations cofinances par dimportants bailleurs de fonds (Agence de leau) intervenant dans le domaine de leau devrait se dvelopper.
Lhydraulique villageoise restera cependant le domaine dintervention privilgie du Syndicat, ces oprations tant les plus adaptes au budget annuel dgag par le Syndicat.
Conclusion
Avec un centime par mtre cube deau distribu, soit moins de 2 francs par foyer et par an, le Syndicat consacre chaque anne 3 millions de francs cette action.
Si son exemple tait suivi par tous, les sommes recueillies chaque anne pourraient atteindre en France environ 45 millions de francs et dans lensemble de la C.E.E. environ 250 millions de francs.
Le bilan qui vient de vous tre prsent prouve quavec les moyens dgags aujourdhui par le Syndicat et grce lapport dterminant des ONG et la participation des populations locales, il est possible de contribuer lamlioration durable de laccs une ressource vitale pour des centaines de milliers dtres humains. Ce rsultat peut-tre de plus obtenu par un effort individuel de solidarit trs minime pour un consommateur europen ou Nord amricain.
Comme vous avez pu le comprendre tout au long de cette prsentation, le Syndicat est trs attach ce programme Solidarit-Eau et fiers des rsultats obtenus, tout en tant conscient de limpact modeste de son action face limmensit des besoins.
Il ne peut donc quencourager les collectivits publiques et les services des eaux des pays dvelopps sengager dans une dmarche similaire de partage de savoir-faire et de moyens avec des pays et des populations particulirement dfavoriss.
PLAN
I. Prsentation du Syndicat des Eaux dIle-de-France
II. Le programme Solidarit Eau
II.1 / Le cadre europen
II.2 / Un soutien exemplaire
II.3 / Un montage financier original
II.4 / Les ONG, garantes de la bonne ralisation des oprations
II.5 / Une gestion rigoureuse
III.1 / Les objectifs du Syndicat des Eaux dIle-de-France
III.1.1 / Couvrir les besoins en eau
III.1.2 / Amliorer lhygine de leau, lutter contre les maladies dorigine hydriques
III.1.3 / Assurer la prennit des ouvrages
III.2 / Typologie des oprations aides
III.2.1 / Hydraulique villageoise
III.2.2 / Centre secondaire
III.2.3 / Quartier pri-urbain
III.2.4 / Education sanitaire
III.2.5 / Amnagement hydro-agricole
III.2.6 / Etudes / Recherches appliques
IV / Le bilan aprs 10 ans daction
VI / Perspectives