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Les Documents de travail
Atelier 2

SYNDICAT DES EAUX D'ILE DE FRANCE
SOLIDARITE EAU : UNE DECENNIE D'ACTIONS

 

I - PRESENTATION DU SYNDICAT

Le Syndicat des Eaux d’Ile de France est un Žtablissement public ˆ caractre administratif, crŽe en 1923, qui regroupe 144 communes de la rŽgion parisienne. Il assume, au nom des communes adhŽrentes, la responsabilitŽ du service public de l’eau. Il est, ˆ l’heure actuelle, le plus important groupement de communes de France, et le premier distributeur d’eau en France.

Il dessert 4 millions d’habitants, auxquels il distribue 1 million de m3 d’eau par jour par l’intermŽdiaire d’un rŽseau de 8 700 Km. Pour cela, il dispose de 3 usines de production d’eau qui s’alimentent dans la Seine, la Marne et l’Oise dotŽes des filires les plus performantes.

Chaque commune est reprŽsentŽe au sein d’un ComitŽ, organe dŽlibŽrant du Syndicat. Ce ComitŽ fixe les grandes orientations du service public de l’eau, dŽcide des investissements ˆ rŽaliser et fixe la tarification aux abonnŽs. Il dŽsigne Žgalement des reprŽsentants au sein d’un Bureau exŽcutif chargŽ de mettre en oeuvre les dŽcisions du ComitŽ.

Le bureau est prŽsidŽ par AndrŽ SANTINI (Ancien Ministre, DŽputŽ-Maire d’Issy-les-Moulineaux).

Le budget annuel du Syndicat reprŽsente actuellement 3 milliards de francs dont 1 milliard consacrŽ aux investissements.

Il a dŽlŽguŽ la gestion du service ˆ la Compagnie GŽnŽrale des Eaux dans le cadre d’un contrat de rŽgie intŽressŽe. Cette formule permet aux Žlus de conserver le pouvoir de dŽcision et de contr™le sur les investissements, le prix de l’eau et de garantir une gestion du service public efficace.

En marge de ses activitŽs, il finance depuis 1986 un programme d’aide au dŽveloppement dans le domaine de l’alimentation en eau potable, nommŽ SolidaritŽ Eau, qui fait l’objet de cette communication.

 

II - Le programme SolidaritŽ-Eau

1. Un cadre europŽen

Au cours de la dŽcennie de l’eau qui s’est dŽroulŽe entre 1975 et 1985, une rŽflexion s’est engagŽe sur les graves problmes que pose l’accs ˆ l’eau dans les pays en voie de dŽveloppement et sur les solutions qui pouvaient y tre apportŽes.

Devant le constat dramatique rappelŽ en introduction par notre prŽsident, les besoins immenses ˆ satisfaire pour amŽliorer l’accs ˆ une eau saine et en quantitŽ suffisante des populations dŽfavorisŽes et face ˆ la diminution des aides au Tiers-Monde versŽes d’Etat ˆ Etat, le Conseil europŽen des ministres de l’environnement a dŽcidŽ d’encourager une autre forme de coopŽration : la coopŽration dŽcentralisŽe.

Il s’agissait de convaincre, les collectivitŽs territoriales et les organismes professionnels de l’eau d’aider directement les initiatives locales des collectivitŽs et des communautŽs d’habitants du Tiers-Monde qui, faute de moyens, tant techniques que financiers, ne pouvaient aboutir.

Pour promouvoir cette nouvelle forme de coopŽration, un comitŽ national s’est constituŽ dans chaque Žtat de la communautŽ. En France un secrŽtariat exŽcutif prŽsidŽ par StŽphane Hessel, ambassadeur de France, a ŽtŽ mis en place pour remplir trois fonctions : mise en relation des acteurs, conseils et promotions.

TouchŽs par cette initiative, les Žlus du Syndicat des Eaux d’Ile-de-France ont dŽcidŽ ds son lancement de soutenir cette action.

2. Un soutien exemplaire du Syndicat

Le Syndicat rassemble essentiellement des communes urbaines de la banlieue de Paris. Nombres d’entres-elles sont jumelŽes avec des communes de pays d’Europe mais Žgalement avec des communes du Tiers-Monde et les Žchanges intercommunaux amicaux ou associatifs font partie de leur culture. Les Žlus des communes du Syndicat ont donc considŽrŽs comme naturel, dans un Žlan de solidaritŽ, d’aider des communes dŽfavorisŽes. D’autant qu’au quotidien le Syndicat contribue ˆ la qualitŽ de la vie dans l’une des rŽgions les plus riches du monde. Dans ces conditions, participer ˆ un partage de ressources vitales est apparu non seulement comme nŽcessaire mais comme un devoir.

 

De plus, au delˆ de l’appui financier, son savoir-faire et sa ma”trise des techniques hydrauliques pouvaient tre mis utilement et efficacement au service des plus dŽmunis.

 

3. Un montage financier original

Pour financer son programme d’aide, le Syndicat ˆ mis en place un systme simple et original, en prŽlevant un centime par mtre cube d’eau distribuŽ sur son territoire. Un budget de l’ordre de 3 millions de francs est ainsi assurŽ chaque annŽe.

Ce systme a deux avantages majeurs :

- Il est indolore pour les consommateurs car le prŽlvement de 1 centime par m3 reprŽsente en moyenne deux francs par foyer et par an,

- Il permet de constituer un fonds de solidaritŽ rŽalimentŽ systŽmatiquement chaque annŽe, et rend possible un engagement pluri-annuel pour certaines opŽrations.

 

4. Les ONG, garantes de la bonne rŽalisation des opŽrations

Le fonds de solidaritŽ, une fois mis en place, il fallait garantir sa bonne utilisation. L’Žloignement gŽographique, la fragilitŽ ou l’inexistence des structures locales des pays en voie de dŽveloppement sont des freins importants et pour le moins des causes de mŽfiances, ˆ l’Žgard de toute action de solidaritŽ. La solution adoptŽe par les Žlus du Syndicat pour garantir ˆ la fois la bonne utilisation de son aide financire et son efficacitŽ sur le terrain a ŽtŽ de recourir ˆ un opŽrateur, lien entre le Syndicat et la collectivitŽ aidŽe. C’est ˆ lui qu’est versŽe la subvention et il a la charge et la responsabilitŽ de la rŽalisation du projet.

Les avantages de ce systme sont nombreux :

- Les ONG partenaires du Syndicat ont leur sige en France et une prŽsence permanente sur le terrain ce qui permet un suivi des opŽrations envisagŽes, essentiel dans les pays du Tiers-Monde,

- Elles peroivent elles-mmes les subventions attribuŽes aux projets (et non les collectivitŽs locales bŽnŽficiaires) et sont seules responsables devant le Syndicat de l'utilisation des fonds versŽs. Cette responsabilitŽ unique rend plus aisŽe le contr™lede l’utilisation des aides.

- Les ONG sont confrontŽes depuis longtemps ˆ la mise en oeuvre de projets dans les pays du Tiers-Monde. Elles ont accumulŽ une expŽrience solide des rŽalitŽs du terrain et sont ainsi plus armŽes que les comitŽs de jumelages et les associations de bienfaisance pour mener ˆ bien des opŽrations dans des contextes difficiles o la bonne volontŽ ne suffit pas.

 

5. Une gestion rigoureuse

Les contrats que traitent les collectivitŽs en France sont rŽgis par des procŽdures rigoureuses. Il a semblŽ important aux Žlus du Syndicat, toujours dans le souci de garantir la bonne la gestion de fonds public, d’appliquer ˆ SolidaritŽ-Eau des mŽcanismes similaires.

Ainsi lorsqu’un projet est retenu, le Syndicat signe une convention avec l’ONG qui le prŽsente. Ce document dŽfinit les modalitŽs techniques et financires (de versement des subventions, de rŽalisation de projets) et engage l’ONG sur la bonne rŽalisation du projet et le bon emploi des fonds qui lui sont versŽs. La participation du Syndicat est versŽe en plusieurs fois. L’ONG doit fournir 2 rapports trs complets sur tous les aspects du projet : le premier ds achvement des travaux, le second aprs deux ans de fonctionnement. Ils permettent aux Žlus de suivre le bon dŽroulement des travaux.

La partie technique de l’opŽration est vŽrifiŽe et validŽe par les services du Syndicat. Celui-ci met ˆ la disposition des ONG son savoir-faire pour dimensionner et concevoir les ouvrages (rŽseaux, pompes, rŽservoirs) ou rŽsoudre des difficultŽs techniques particulires (traitement de l’eau, dŽsinfection...) en Žchange les projets mis au point ne peuvent tre modifiŽs sans son accord.

Enfin, le Syndicat envoie rŽgulirement sur le terrain des dŽlŽguŽs pour vŽrifier sur place l’emploi des fonds versŽs et la bonne rŽalisation des ouvrages..

 

III - Les objectifs du Syndicat

 

1. Lors du lancement de SolidaritŽ-Eau, les objectifs du Syndicat Žtaient larges :

Il souhaitait aider financirement des projets proposŽs par des ONG dont le but Žtait la ma”trise des ressources en eau.

Deux conditions avaient cependant ŽtŽ fixŽes par les Žlus pour conduire le choix des projets :

- Les ouvrages ˆ rŽaliser devaient concerner en prioritŽ l’alimentation en eau des populations (plut™t que l’irrigation par exemple),

- ils devaient se situer dans des pays francophones (Afrique et Asie essentiellement), condition essentielle ˆ une bonne communication avec les populations concernŽes et les autoritŽs locales.

De 1986 ˆ 1988, les projets financŽs par le Syndicat ont eu essentiellement pour objet la satisfaction de besoins quantitatifs et la lutte contre la dŽsertification. Ainsi, dans les pays d’Afrique du Sahel, le Syndicat a financŽ de nombreux puits et forages, la construction de digues et barrages en gabions pour lutter contre l’Žrosion et recharger les nappes. Au Cameroun ou au Rwanda, pays plus humides, il a financŽ Žgalement le captage de sources et l’installation de petites adductions d’eau et de bornes fontaines.

Mais trs vite, les constats faits sur le terrain par ses Žlus et ses ingŽnieurs lors de missions de contr™le, ont fait Žvoluer ses objectifs et le choix des projets aidŽs. Le Syndicat a rapidement privilŽgiŽ deux autres prioritŽs :

- l’amŽlioration de la qualitŽ de l’eau et du niveau sanitaire des populations,

- la pŽrennitŽ des ouvrages.

AmŽliorer l’hygine de l’eau, lutter contre les maladies d’origine hydriques

Les maladies liŽes ˆ l’eau constituent en Afrique, mais aussi en Asie, un problme majeur de santŽ publique.

L’approvisionnement en eau potable est un facteur essentiel pour la disparition ou la diminution des maladies d’origine bactŽrienne, virale ou parasitaire.

Si les forages et la construction de points d’eau permettent d’amŽliorer l’approvisionnement en eau des populations rurales, l’impact sanitaire est jusqu’ˆ prŽsent rŽduit.

En effet, le lien eau-santŽ n’est pas Žvident pour les usagers, qui sont trop souvent inconscients des risques de pollution et expriment gŽnŽralement leurs demandes en terme de quantitŽs et non de qualitŽ si l’eau dŽlivrŽe par les forages est potable, l’eau consommŽe ne l’est plus car elle est souvent contaminŽe durant le transport et le stockage.

 

Pour amŽliorer l’impact sanitaire de son action plusieurs mesures ont ŽtŽ imposŽes par le Syndicat ˆ tous les projets de puits et forages qu’il finanait.

contr™le de la qualitŽ de la ressource: trop souvent des ouvrages neufs exploitent les ressources les plus facilement accessibles mais qui sont contaminŽes ou polluŽes. Dans ce cas toute possibilitŽ d'amŽlioration du niveau sanitaire des populations est durablement exclu

Autour de chaque point d’eau, le projet doit prŽvoir des amŽnagements de surface, le protŽgeant de la divagation des animaux : enclos, murets... et les abreuvoirs doivent tre construits ˆ bonne distance des puits et forages destinŽs ˆ l’alimentation humaine.

Les puits doivent aussi tre ŽquipŽs de dalles, d’aires maonnŽes, de margelles et Žventuellement couverts.

Tous ces dispositifs empchent que les abords du puits ne deviennent boueux, et que l’eau ne soit contaminŽe. Ces Žquipements trs simples qui nous paraissent Žvidents, n’existent pas autour des puits de villages traditionnels, simples trous creusŽs dans le sol et laissŽs sans protection.

Les villageois bŽnŽficiaires doivent tre formŽs ˆ une meilleure hygine de l’eau avant mme la rŽalisation des travaux. Les programmes de sensibilisation ˆ l’hygine font dŽsormais partie intŽgrante de tous les projets aidŽs par le Syndicat. Les ONG emploient pour cela des techniques trs diverses dont beaucoup s’appuient sur le relais des femmes mais toutes reconnaissent ces actions de formation comme essentielles pour amŽliorer le niveau sanitaire des populations.

Certains projets du programme SolidaritŽ-Eau sont exclusivement consacrŽs ˆ la formation ˆ l’hygine ˆ l’Žchelle d’une rŽgion sans presqu’aucune construction d’ouvrages. Deux projets phares peuvent tre citŽs en exemple :

Dans la province du Boulkiembe, au Burkina Faso, 90 Žcoles ont ŽtŽ ŽquipŽes de rŽservoirs en poterie d’une centaine de litres pour former les enfants des Žcoles ˆ la chloration et ˆ l’hygine de l’eau. Cette formation dispensŽe ˆ l’Žcole avait Žgalement un impact sur les familles des enfants qui servaient de Ò vecteurs d’informations Ó.

L’ONG EAST a ainsi formŽ plusieurs animateurs burkinabŽ et ce programme s’est poursuivi dans les provinces voisines.

Fort de leur expŽrience africaine, les mŽdecins et les formateurs d’EAST (eau, agriculture, santŽ.....) ont dŽveloppŽ au Vietnam, toujours avec l’aide du Syndicat, des programmes de formation similaires dispensŽs aux enfants de 50 Žcoles de la province de Bac Tha• situŽ dans le Nord de Hano• de 1994 ˆ 1996.

Cette opŽration a consistŽ ˆ :

- construire un forage ou un point d’eau fiable dans chaque Žcole ainsi que des latrines,

- mettre au point un matŽriel pŽdagogique d’Žducation sanitaire en collaboration avec les administrations locales et nationales pour les enseignants,

- mettre ˆ disposition du matŽriel pŽdagogique et organiser des sessions de formation ˆ l’hygine pendant 2 ans dans toutes les Žcoles.

Cette opŽration s’est trs bien dŽroulŽe, les autoritŽs locales envisagent actuellement son extension ˆ l'ensemble des Žcoles de la province.

 

Paralllement ˆ ces mesures systŽmatiques d’accompagnement, le Syndicat veille ˆ la qualitŽ de l’eau fournie gr‰ce ˆ son aide financire.

Les projets proposŽs par les ONG doivent permettre de fournir une eau potable, conforme aux recommandations de l’OMS, c’est une condition de leur sŽlection et de leur financement.

Toujours dans ce souci d’amŽliorer la qualitŽ de l’eau fournie, le Syndicat a financŽ et suivi plusieurs projets spŽcifiques dont par exemple :

- la crŽation d’Žquipement d’un laboratoire national d’eau potable ˆ Ouagadougou au Burkina Faso,

- l’extraction ou l’identification des principes actifs floculants de la graine de Moringa afin d’Žtudier les possibilitŽs de substituer au sulfate d’alumine importŽ des produits locaux pour le traitement des eaux,

- la rŽalisation d’une petite station de production ˆ partir d’eau de rivire ˆ Diagambal au SŽnŽgal,

- la mise au point d’un chlorateur destinŽ ˆ Žquiper des forages et ˆ garantir la fourniture d’une eau potable par la diffusion de chlore en continu.

 

2. Assurer la pŽrennitŽ des ouvrages

Il n’est pas rare lorsqu’on voyage en Afrique SahŽlienne de rencontrer dans les villages des puits et des forages ŽquipŽs de matŽriel rŽcent, abandonnŽs au profit d’anciens puits villageois. De mme on voit souvent des panneaux solaires ou des rŽservoirs inutilisŽs faute de rŽparation d’une pice manquante ou tout simplement trop cožteuse, que les utilisateurs ne pourront se procurer.

Ainsi, au Niger, les autoritŽs gouvernementales tŽmoignent que plus de 70 % des points d’eau sont inutilisables au bout de 2 ans. Cette situation dŽcourageante est en grande partie un hŽritage des annŽes 1980 pendant lesquelles, devant l’aggravation de la situation, les bailleurs de fonds se sont investis massivement dans l’hydraulique villageoise sans grande prŽparation. De nombreux points d’eau furent rŽalisŽs de manire prŽcipitŽe, non coordonnŽe, sans concertation avec les autoritŽs du pays et avec les villageois. Les Žquipements mis en place Žtaient souvent trop sophistiquŽs et trop cožteux pour tre entretenu par leurs bŽnŽficiaires. Enfin, l’absence de formation ou tout simplement d’implication ont vite conduit ˆ l’abandon des ouvrages.

Face ˆ ce constat, le Syndicat a ds la 2me annŽe de fonctionnement de son programme SolidaritŽ-Eau imposŽ ˆ chaque projet qu’il finanait des actions d’accompagnement pour en assurer la pŽrennitŽ ainsi que quelques prŽcautions de bon sens :

Veiller ˆ l’emploi de techniques simples et de matŽriaux adaptŽs au pays

Ainsi, les barrages rŽalisŽs au Burkina Faso pour recharger les nappes et lutter contre l’Žrosion ont ŽtŽ construits en gabions ˆ l’aide de pierres et de grillages et non en maonnerie qui aurait nŽcessitŽ du ciment (trop cožteux) et de l’eau (trop rare).

Le banco (brique de terre et de paille) a ŽtŽ souvent utilisŽ pour la construction de puits, toujours en Afrique sahŽlienne. Par ailleurs, le Syndicat s’est attachŽ ˆ ne pas multiplier les types de pompes utilisŽes pour Žquiper les forages en privilŽgiant celles dont les bŽnŽficiaires pouvaient se procurer aisŽment des pices de rechange. C’est le cas des pompes Vergnet qui ont sur l’Afrique et maintenant sur l’Asie un rŽseau de pices dŽtachŽes trs dŽcentralisŽ et des centres de formation.

En rgle gŽnŽrale et sans imposer de techniques pour la construction des ouvrages, le Syndicat veille ˆ l’adŽquation entre celles-ci et l’Žquipement des entreprises qui, sur le terrain, vont effectuer les travaux. Il va mme parfois jusqu’ˆ financer cet Žquipement (au Mali ou au Burkina Faso) s’il peut par ailleurs servir au dŽveloppement d’entreprises locales et ˆ la formation d’artisans.

Encourager la formation ˆ la maintenance

Afin d’aider les villageois ˆ tre plus autonomes l’aide du Syndicat appuie des actions visant ˆ la crŽation de petites entreprise artisanales d’hydrauliques rurales : artisans rŽparateurs, mŽcaniciens, puisatiers. Sur chaque projet pris en charge par une entreprise locale avec l’aide des ONG la formation d’un villageois ˆ la maintenance du point d’eau est prŽvue.

- Impliquer les populations bŽnŽficiaires. C’est un facteur essentiel dans la rŽussite d’ une opŽration. Elles doivent tre impliquŽes ˆ tous les niveaux :

- en amont sur le choix de l’implantation et la dŽfinition d’un projet adaptŽ ˆ leurs besoins,

- pendant la rŽalisation, elles doivent prendre en charge une partie des travaux, directement en assurant main d’oeuvre et travaux simples ou financirement en participant au cožt des travaux. aux salaires des puisatiers ou mme, en cas d’extrme dŽnuement, au logement et ˆ la nourriture de membres des ONG travaillant au projet.

- enfin, en aval, par la mise en place des comitŽs de gestion de l’eau. C’est aux collectivitŽs locales que revient la charge de gŽrer les points d’eau, de mettre en place des systmes de cotisations pour financer fonctionnement et entretien.

Les ONG les aident ˆ s’organiser et ˆ prŽvoir l’aveni, dŽmarche souvent inhabituelle dans leurs cultures et modes de vie.

 

3. Typologie des opŽrations aidŽes :

Le Syndicat soutient 6 types d’opŽrations :

Les opŽrations de type Ò hydraulique villageoise Ó :

Ce sont des ouvrages hydrauliques simples tels que des puits ou des forages. Ils ont pour but :

- d’amŽliorer l’accs ˆ une eau saine,

- d’augmenter la disponibilitŽ en eau. Ils comportent systŽmatiquement des amŽnagements de surface en vue de prŽserver la qualitŽ de l’eau.

et d’assurer l’alimentation en eau du ou des villages dŽsignŽs.

 

Les opŽrations de type Ò centre secondaire Ó :

Elles nŽcessitent la construction de rŽseau d’adduction comprenant : un captage de source ou un forage, la construction d’une station de pompage, d’un rŽservoir et la construction de bornes-fontaines alimentŽes par un petit rŽseau.

Ces opŽrations ont pour cible des agglomŽrations de plusieurs milliers d’habitants o les solutions de type hydraulique villageoise sont inadaptŽes et o la rŽalisation d’un rŽseau urbain est Žconomiquement inenvisageable.

 

Les opŽrations Ò en milieu pŽri-urbain Ó :

Elles ont pour but, par le financement d’extensions de rŽseaux et de bornes fontaines, de permettre l’accs ˆ l’eau de populations souvent dŽfavorisŽes dans les quartiers pŽriphŽriques en gŽnŽral trs pauvres des grandes villes o les ressources traditionnelles sont insuffisantes et en gŽnŽral systŽmatiquement polluŽes. Ces opŽrations visent plus particulirement les quartiers nouveaux qui se dŽveloppent sans aucune infrastructure sanitaire (eau, assainissement, ordures mŽnagres...).

 

Les opŽrations de type Ò Žducation sanitaire Ó :

Ces opŽrations ont pour but d’Žduquer les populations sur les risques encourus par la consommation d’une eau non potable et surtout de leur apprendre par des moyens simples ˆ dŽsinfecter l’eau de boisson o ˆ lui conserver sa qualitŽ initiale.

Par le biais du milieu scolaire, gŽnŽralement plus rŽceptif, on tente d’amŽliorer la santŽ et de promouvoir l’autodŽveloppement des populations rurales.

 

Les opŽrations de type Ò amŽnagement hydro-agricoles Ó :

Elles concernent la mise en place de digues filtrantes, de diguettes, de mares artificielles, de barrages... Ces ouvrages ont pour but de couvrir le dŽficit en eau (retenues d’eau pour l’approvisionnement et la recharge des nappes) mais aussi de lutter contre l’Žrosion afin de maintenir des activitŽs agricoles.

 

 

Les opŽrations de type Ò Žtudes / recherches Ó :

Ce sont des subventions accordŽes ˆ des projets ayant pour but de rŽgler de manire plus globale les problmes d’hydraulique des pays en voie de dŽveloppement. Elles concernent par exemple la crŽation d’un laboratoire national d’eau potable (ˆ Ouagadougou au Burkina Faso) ou la mise au point de matŽriel permettant la chloration en aval de pompes manuelles.

 

IV - Bilan aprs 10 ans d’action

 

Financier

En 10 ans, le Syndicat a financŽ 98 opŽrations diffŽrentes dans 14 pays pour un montant de 35 millions de francs. En rŽalitŽ, compte tenu des cofinancements institutionnels que son engagement ˆ gŽnŽrŽ, on peut estimer ˆ prs de 100 MF le montant total des opŽrations auquelles le Syndicat a participŽ.

Sur les 141 subventions votŽes par le Syndicat, 8 ont dž tre annulŽes. Les opŽrations correspondantes ont dž tre abandonnŽes essentiellement en raison de troubles politiques (Rwanda, Casamance...).

 

Population touchŽe

Environ 700 000 personnes ont bŽnŽficiŽ directement d’une amŽlioration de l’accs ˆ l’eau par la rŽalisation d’ouvrages hydrauliques (puits, forages, rŽseaux...). Ce chiffre ne tient pas compte de la population touchŽe indirectement par des actions de grande ampleur de formation ou de sensibilisation ˆ l’hygine ou par la mise en oeuvre de moyens de contr™le de surveillance de l’eau (laboratoire national du Burkina) ou de dŽsinfection (chlorateur).

 

 

Type d’opŽration

% d’opŽrations % financier

AmŽnagement hydro-agricole 8% 6%

Centre secondaire 17% 26%

Etude / Recherche 3% 3%

Hydraulique villageoise 62% 49%

Prog. d’Žducation sanitaire 3% 6%

Quartier pŽriurbain 3% 6%

Prog. dŽveloppement intŽgrŽ 4% 4%

 

L’hydraulique villageoise et les centres secondaires reprŽsentent 75% des opŽrations financŽes par le Syndicat.

 

Ouvrages

Puits : 528 Station de traitement : 1

Forages : 229 Postes d’eau potable : 90

RŽseaux : 61 Barrages : 42

Captages : 41 Digues : 84

Bornes-fontaines : 184 Ch‰teaux d'eau : 23

Stations de pompage : 20

 

En terme de ratio

Le Syndicat a investit en moyenne 50 F pour chaque personne dont il a amŽliorŽ durablement l’accs ˆ l’eau.

Ce ratio peut descendre ˆ 10 francs pour les ouvrages les plus simples d’hydraulique villageoise.

Cožt moyen d’une opŽration : environ 350 KF

 

Par pays

% d’opŽrations % financier

Afrique 89% 84,6%

Asie 11% 15,4%

Ces 4 dernires annŽes

% d’opŽrations % financier

Afrique 77% 63,5%

Asie 23,2% 36,5%

 

 

V - Perspectives

En terme de montage

L’Žmergence vers un partenariat entre les collectivitŽs publiques du Nord et du Sud, notamment en Afrique de collectivitŽs territoriales responsables (communes) rŽsultent d’une dŽmarche gŽnŽrale de dŽcentralisation qui nous amne ˆ associer dorŽnavant directement ces instances locales aux opŽrations.

Les liens sont maintenant systŽmatiquement contractualisŽs entre les collectivitŽs territoriales ma”tre d’ouvrage et les ONG opŽrateurs.

Cette Žvolution positive mnera probablement le Syndicat ˆ terme ˆ contractualiser Žgalement ses liens avec les bŽnŽficiaires.

 

La prise en compte de l’amŽlioration du niveau sanitaire des populations se traduit par la systŽmatisation pour toutes les opŽrations d’un volet formation ˆ l’hygine qui ne peut se gŽrer que dans la durŽe.Il est Žgalement apparu que la cohŽrence globale de nos interventions dans une rŽgion dŽterminŽe nŽcessite une visibilitŽ sur plusieurs annŽes.

 

C’est dans cet esprit qu’en 1996, des discussions ont ŽtŽ entamŽes avec le Centre National de l’eau rurale, opŽrateur public compŽtent en matire d’eau potable dŽpendant du ministre vietnamien de l’Agriculture, en vue d’Žlaborer un programme de collaboration sur trois ou quatre ans qui prŽvoyait la rŽalisation de points d’eau et les actions d’accompagnement en matire de santŽ, d’Žducation et de formation dans une province choisie.

Le Syndicat a proposŽ ˆ ses interlocuteurs Vietnamiens de mettre en place une mŽcanisme permettant de gŽnŽrer, ˆ partir des recettes dŽgagŽes par prŽlvement sur la consommation payante de l’eau dans des rŽseaux urbains ou pŽriurbains, des financements pour la rŽalisation de programmes de puits ou de forages en milieu rural particulirement dŽfavorisŽ et de minis rŽseaux dans les centres secondaires.

Ces nŽgociations ont abouti rŽcemment ˆ la rŽdaction d’un projet cadre qui prend en compte la totalitŽ des proposition du Syndicat ˆ savoir :

- financement ˆ paritŽ par le Syndicat et le Centre National de l’eau rurale, d’adductions et de mini-rŽseaux dans une province dŽterminŽe pendant plusieurs annŽes,

- crŽation par les autoritŽs Vietnamiennes d’un fonds d’intervention destinŽ ˆ financer les Žquipements hydrauliques en milieu rural, ˆ partir des ressources financires gŽnŽrŽes par la vente de l’eau de ces mini-rŽseaux et dans les villes importantes de la province.

Cet accord, sans augmenter les engagements financiers du Syndicat au Vietnam, ( environ 100 000 $ par an) respecte totalement les procŽdures habituelles du Syndicat en matire de gestion des opŽrations (intervention de l’ONG, opŽrateur local pour le compte du Syndicat) et permet de donner une plus grande cohŽrence et un maximum d’impact ˆ nos actions futures au Vietnam.

Si les solutions techniques et les mŽcanismes financiers mis en oeuvre prouvent leur efficacitŽ, ce modle mis au point sur une province sera certainement Žtendu par les Vietnamiens ˆ l’ensemble du pays. Il faudra bien sžr que bailleurs institutionnels internationaux prennent le relais du Syndicat, qui ne peut avoir d’autre ambition que de financer des opŽrations de dŽmonstration permettant de mettre au point des modles reproductibles.

Ce type de partenariat marque une nouvelle Žtape de nos actions et devrait se dŽvelopper dans les pays o le Syndicat a une action suivi sur plusieurs annŽes comme le Burkina ou le Mali...

 

En terme de nature d’opŽrations

Le Syndicat a la volontŽ d’accro”tre ses actions vers les centres secondaires et les quartiers pŽriurbains o les besoins sont immenses.

En ce qui concerne toutefois les banlieues des capitales, les budgets ˆ mettre en oeuvre nŽcessitent des cofinancements, le Syndicat ne peut intervenir seul.

Le montage d’opŽrations cofinancŽes par d’importants bailleurs de fonds (Agence de l’eau) intervenant dans le domaine de l’eau devrait se dŽvelopper.

L’hydraulique villageoise restera cependant le domaine d’intervention privilŽgiŽe du Syndicat, ces opŽrations Žtant les plus adaptŽes au budget annuel dŽgagŽ par le Syndicat.

 

 

 

Conclusion

Avec un centime par mtre cube d’eau distribuŽ, soit moins de 2 francs par foyer et par an, le Syndicat consacre chaque annŽe 3 millions de francs ˆ cette action.

Si son exemple Žtait suivi par tous, les sommes recueillies chaque annŽe pourraient atteindre en France environ 45 millions de francs et dans l’ensemble de la C.E.E. environ 250 millions de francs.

 

Le bilan qui vient de vous tre prŽsentŽ prouve qu’avec les moyens dŽgagŽs aujourd’hui par le Syndicat et gr‰ce ˆ l’apport dŽterminant des ONG et la participation des populations locales, il est possible de contribuer ˆ l’amŽlioration durable de l’accs ˆ une ressource vitale pour des centaines de milliers d’tres humains. Ce rŽsultat peut-tre de plus obtenu par un effort individuel de solidaritŽ trs minime pour un consommateur europŽen ou Nord amŽricain.

Comme vous avez pu le comprendre tout au long de cette prŽsentation, le Syndicat est trs attachŽ ˆ ce programme SolidaritŽ-Eau et fiers des rŽsultats obtenus, tout en Žtant conscient de l’impact modeste de son action face ˆ l’immensitŽ des besoins.

Il ne peut donc qu’encourager les collectivitŽs publiques et les services des eaux des pays dŽveloppŽs ˆ s’engager dans une dŽmarche similaire de partage de savoir-faire et de moyens avec des pays et des populations particulirement dŽfavorisŽs.

 

 

 

 

PLAN

 

I. PrŽsentation du Syndicat des Eaux d’Ile-de-France

 

II. Le programme SolidaritŽ Eau

II.1 / Le cadre europŽen

II.2 / Un soutien exemplaire

II.3 / Un montage financier original

II.4 / Les ONG, garantes de la bonne rŽalisation des opŽrations

II.5 / Une gestion rigoureuse

 

III.1 / Les objectifs du Syndicat des Eaux d’Ile-de-France

III.1.1 / Couvrir les besoins en eau

III.1.2 / AmŽliorer l’hygine de l’eau, lutter contre les maladies d’origine hydriques

III.1.3 / Assurer la pŽrennitŽ des ouvrages

 

III.2 / Typologie des opŽrations aidŽes

III.2.1 / Hydraulique villageoise

III.2.2 / Centre secondaire

III.2.3 / Quartier pŽri-urbain

III.2.4 / Education sanitaire

III.2.5 / AmŽnagement hydro-agricole

III.2.6 / Etudes / Recherches appliquŽes

 

IV / Le bilan aprs 10 ans d’action

 

VI / Perspectives

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