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Les Documents de travail
Atelier 1

PROTECTION DES CAPTAGES : CAS DU CHAMP CAPTANT DE SIDI TAÏBI  

 

I – Présentation du champ captant Sidi Taïbi

Le champ captant de Sidi Taïbi, réalisé en 1949 – 1951, est situé à proximité de la RN1 reliant Rabat et Kénitra à 13 Km au SO de cette dernière (Cf. carte n°1 en annexe) . Ce champ captant est constitué de 4 puits (n°IRE 174/13, 118/13, 175/13 et 442/13) dont 3 ont une profondeur moyenne de 9 m et 1 (n°IRE 174/13) d’une profondeur de 44 m. Le débit maximal du champ captant est de 245 l/s et contribue à l’alimentation en eau potable et industrielle (AEPI) de Kénitra, Mehdiya, Bouknadel et Salé.

Les captages de Sidi Taïbi font partie du champ captant de Fouarat situé dans la partie occidentale (côtière) de la nappe phréatique de la Mamora. L’aquifère est constitué de calcarénité avec intercalations sableuses. Cette nappe repose sur un substratum imperméable (marnes bleues). L’écoulement général dans la partie occidentale de cette nappe est en direction NW.

Au niveau du champ captant de Sidi Taïbi, la puissance de l’aquifère est de 44 m.

 

II – Objectif de la Protection du champ captant

Les ressources en eau exploitées par l’Office National de l’eau Potable (ONEP) au Maroc, dans le champ captant de Sidi Taïbi, sont menacées par la pollution engendrée par le développement urbain, agricole et industriel, notamment, les eaux usées des agglomérations avoisinantes qui ne disposent pas de système d’assainissement, des ordures ménagères, des carrières utilisées comme dépotoir des rejets divers, du réseau routier et des activités agricoles.

A cet effet, il fallait prendre toutes les mesures susceptibles de garantir la qualité des eaux de ces ressources et la sécurité de l’approvisionnement en eau potable. Ce qui a conduit l’ONEP à établir la mise en place de zones de protection du champ captant de Sidi Taïbi.

 

III – Délimitation des zones de protection

En matière de protection des ressources en eau, il y a lieu de définir plusieurs zones de protection (2 à 3 selon la réglementation en vigueur dans chque pays). Dans le cas du Maroc, il s’agit de 3 zones : immédiate (I), rapprochée (II) et éloignée (III). Les objectifs des 3 zones sont différents.

 

III –1. Zone de protection I

Les puits n°IRE 174/13, 118/13 et 175/13 sont clôturés dans une enceinte ayant une longueuer de 440 m et une longueur variant entre 29 et 76 m. Ce périmètre a une superficie de 25.542 m² (Cf. Carte n°2)

Le puits n°IRE 442/13 est clôturé dans une enceinte de 24 m x 20 m. Ce périmètre a une superficie de 476 m² (Cf. Carte n°2).

 

III – 2. Zone de protection II

La zone de protection II s’étend jusqu’à une distance correspondant à un temps de transfert de 50 jours.

Pour la définition de cette zone des études pluridisciplinaires et des travaux spécifiques ont été réalisés dans les domaines de la géologie, l’hydrogéologie, la climatologie, la pédologie, la qualité de l’eau, les foyers et sources de pollution et les activités agricoles.

Sept piézomètres ont été réalisés pour le suivi, entre autres, des fluctuations piézomètriques de la nappe aux alentours du champ captant. Une carte piézomètrique a été tracée à partir des relevés effectués sur 42 points d’eau choisis pour déterminer le sens d’écoulement.

Des essais de pompage pont permis de déterminer les valeur de transmissivité

T = 8,3.10-2 m²/s et de coefficient d’emmagasignement = 8,2.10-2.

Lors des essais de traçage, il a été constaté que les vitesses réelles sont très élevées et indiquent la présence des fractures et fissures. De ce fait les résultats obtenus par le calcul (temps de transfert 50 jours) ne sont valables que dans des milieux à porosité d’interstices.

A cet effet, le dimensionnement de la zone II a été effectué de la manière suivante :

 

A l’intérieur de la zone d’influence :

Une vitesse réelle moyenne de 55 m/j (Porosité de fissures) a été prise comme base de calcul du temps de transfert. Avec cette vitesse on obtient un temps de transfert

de 17 jours. Le reste (33 jours) pour obtenir un temps de transfert de 50 jours sera couvert par la partie de la nappe qui se trouve à l’extérieur de la zone d’influence vers le SE.

A l’extérieur de la zone d’influence :

Une vitesse réelle moyenne de la nappe au repos a été prise égale à 8,5 m/j (porosité d’interstices). Avec cette vitesse, la distance de l’isochrone de 33 jours est égale à 280 m.

Suite à cela, l’isochrone de 50 jours se trouve à une distance de 1230 m au SE de l’axe dans lequel les puits sont alignés.

Sachant que la partie située entre l’isochrone 50 jours et la limite de la zone d’influence est située sur un recouvrement où le pouvoir épurateur est suffisant, il a été proposé de limiter la zone de protection II sur la zone d’influence.

On s’est limité à la zone d’influence pour la délimitation de la zone de protection II, malgré que le pouvoir épurateur de recouvrement à l’intérieur de cette zone est suffisant, du fait que l’effet des fractures (vitesse élevée) à l’intérieur de la zone d’influence est important.

Les limites de la zone de protection II, dont la superficie est 276 ha, figurent sur la carte n°2 en annexe.

 

III – 3. Zone de protection III

Pour la zone de protection III, elle s’étend de la limite externe de la zone II jusqu’à la limite de l’aire d’alimentation. La superficie de cette zone est de 59 km² (Cf. carte n°3 en annexe).

 

III-4. Proposition des servitudes

Pour la zone I, il y a interdiction de tout type d'activité. Cette zone et acquise et clôturée par l'exploitant du champ captant de Sidi Taïbi.

Il est interdit dans la zone II :

sauf autorisation préalable et expresse de l'autorité chargée de la gestion du domaine public hydraulique, d'édifier des constructions nouvelles ou de procéder à des extensions des constructions existantes ;

de procéder à l'ouverture et à l'exploitation de carrières ;

de créer des puits perdus ;

d'effectuer des rejets et épandage d'eaux usées ;

de déposer de déchets solides et de résidus domestiques, industriels et agricoles

de déposer des produits chimiques polluants ou radioactifs ;

de camper ;

de créer de nouvelles installations industrielles ou des extensions des installations existantes ;

d'implanter des canalisations et de stocker des hydrocarbures ou de produits liquides ou gazeux, de produits chimiques de toute nature susceptibles de porter atteinte directement ou indirectement à la qualité des eaux ;

d'implanter de nouveaux souks¨ y compris les abattoirs ;

d'utiliser des engrais, des pesticides et des produits phytosanitaires ;

d'élever intensivement les animaux ;

d'implanter de nouveaux cimetières ou d'entreprendre l'extension des cimetières existants ;

d'implanter de points d'eau autres que pour le renforcement de l'AEP ;

de construire de nouvelles voies de communication ;

de procéder à l'extension et à l'aménagement de nouvelles superficies irriguées et des pépinières ;

 

et généralement, toutes les installations et les activités pouvant avoir une influence sur la qualité des eaux de ces captages que se soit directement ou indirectement.

Il est interdit dans la zone III :

de procéder à l'ouverture et l'exploitation de carrières sans autorisation préalable de l'autorité chargée de la gestion du domaine public hydraulique ;

d'effectuer des rejets et épandage d'eaux usées sans autorisation préalable de l'autorité chargée de la gestion du domaine public hydraulique ;

de déposer de déchets solides et de résidus domestiques, industriels et agricoles;

de déposer des produits chimiques ou radioactifs ;

de créer de nouvelles installations industrielles ou extensions des installations existantes sauf autorisation préalable de l'autorité chargée de la gestion du domaine public hydraulique ;

d'implanter des canalisations sans autorisation de l'autorité chargée de la gestion du domaine public hydraulique ;

d'implanter des souks, sans autorisation de l'autorité chargée de la gestion du domaine public hydraulique ;

d'utiliser des engrais sans autorisation de l'autorité chargée de la gestion du domaine public hydraulique ;

d'implanter de nouveaux cimetières ou d'entreprendre l'extension des cimetières existants ;

d'implanter des points d'eau sans autorisation de l'autorité chargée de la gestion du domaine public hydraulique ;

et généralement toutes les activités pouvant avoir une influence sur la qualité des eaux de ces captages que se soit directement ou indirectement.

 

III-5. Mesures d'accompagnement

mettre au niveau des routes traversant les zones de protection des panneaux de limitation de vitesse à 200 m de la zone de protection II et une indication sous forme des panneaux grand public pour informer de l'importance du champ captant Sidi Taïbi. Indiquer sur ces panneaux des numéros de téléphone à appeler d'urgence en cas d'accident et notamment en priorité la Direction Provinciale de Kénitra de l'ONEP ;

aménager au niveau du tronçon de la RN1, situé à l'intérieur de la zone de protection II, des fosses étanches permettant d'évacuer l'eau pluviale ou des produits toxiques (au cas d'une pollution accidentelle) en dehors de la zone de protection II et prévoir des glissières de sécurité ;

application de la réglementation en vigueur relative à l'urbanisme, aux établissements dangereux, aux carrières....etc ;

prévoir un réseau d'assainissement adéquat pour les agglomérations sises à l'intérieur des zones de protection II ;

procéder à la clôture de la carrière située en amont du champ captant de Sidi Taïbi et procéder à son reboisement.

 

IV - Conclusion

La délimitation des zones de protection II et III du champ captant de Sidi Taïbi a été faite en se basant sur des études pluridisciplinaires notamment les études hydrogéologique, géologique et pédologique.

Les caractéristiques hydrodynamiques de la nappe au niveau du champ captant de Sidi Taïbi sont : T = 8,3.10-2 m²/s et S = 8,2.10-2.

Sept piézomètres ont été réalisés pour le suivi, entre autres, des fluctuations piézomètriques de la nappe aux alentours du champ captant. Une carte piézomètrique a été tracée à partir des relevés effectués sur 42 points d'eau choisis pour préciser l'écoulement général de la nappe à proximité du champ captant de Sidi Taïbi.

La zone de protection I correspond à des terrains ONEP clôturés.

Sur la base de ces études, la zone de protection II a été délimitée. Cette zone a une superficie de 276 ha.

La zone de protection III a une superficie de 59 km² environ.

Des servitudes ont été proposées pour les zones de protection II et éloignée.

 

V - Bibliographie

- Bulletin Officiel n° 4325 (20. Septembre 1995) : Loi n°10 - 95 sur l’eau, Maroc.

- CASTANY, G. (1982) : Principes et méthodes de l'hydrogéologie. - Bordas, 238 p. Paris.

- Dossier technique relatif à la délimitation des zones de protection du champ de Sidi Taïbi (1995) - ONEP/GTZ, Maroc.

- DVGW (Deutscher Verein von Gas- und Wasserfachmä nnern) (1975): Richtlinien für Trinkwasserschutzgebiete. 1.Teil : Schutzgebiete für Grundwasser.- Techn. Regeln Arbeitsblatt W 101, Februar 1975 ; DVGW Regelwerk

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- GENETIER, B. (1984) : La pratique des pompages d’essai en hydrogeologie. – 134 p. Bureau des recherches géologiques et miniers (BRGM), manuels et méthodes n°9, Orléans- HÖ LTING, BERNHARD (1984): Hydrogéologie. - Enke - Verlag, 370 S ; Stuttgart

- HÜ TTER, L.A. (1988) : Wasser und Wasseruntersuchung. - 3. Aufl., 443 p, Diester - Weg & Sauerlä nder, Frankfurt/Main & Aarau.

- KRUSEMAN, G.P.& DE RIDDER, N.A. (1970) : Untersuchung und Anwendung von Pumpversuchsdaten - 167 p., Köln, R. Müller.

- LALLEMAND - BARRES A., ROUX J.C. (1989). Guide Méthodologique d’Etablissement des périmètres de protection des captages d’eau souterraine destinée à la consommation humaine, BRGM.

- LANGGUTH, H. - R. & VOIGT, R. (1980) : Hydrogeologische Methoden. - 486 S., Berlin - Heidelberg - New York, Springer.

- Ressources en eau du Maroc (1975), Tome 2, Plaines et bassins du Maroc atlantique.

- SAUTY J. P., THIERY D. (1975). - Utilisation d’abaques pour la détermination des périmètres de protection. BRGM 75 SGN 430 AME.

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