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Les Documents de travail
Atelier 1

PROTECTION DE L'EAU CONTRE LA POLLUTION

Société Vergnet
6 rue Henri Dunant - 45140 Ingre (France)
Tél. : 33 (2) 38 22 75 00 - Fax : (33) 2 38 22 75 22
Courriel :
vergnet@wanadoo.fr

 

Nous appelons ici " Pollution " la pollution directe bactériologique et non la pollution chimique ou minérale liée à la nature même de l’eau (ferrobactéries, natron, acidité…).

I. Contexte et enjeux.

La technologie de forage équipés de pompe à motricité humaine a représenté un progrès sensible en matière d’hygiène pour la fourniture d’eau en milieu rural africain : le risque de pollution direct de la nappe étant considérablement réduit.

Il existe malheureusement un facteur de pollution non négligeable entre l’exhaure de l’eau et sa consommation : lors du transport et du stockage de celle-ci.

Les schémas de traitement de l’eau utilisés de nos jours en Europe ne sont pas transférable du fait des conditions climatiques, économiques et techniques.

II.Identification des sources de pollution.

A. Dans le forage.

Cette pollution peut être induite soit :

- lors de la réalisation du forage.

- lors des manipulations sur la pompe.

- lorsque le forage n’est pas hermétiquement fermé par la pompe.

B. Après le puisage (la plus fréquente).

Cette pollution peut être induite soit :

- lors du transport de l’eau du lieu de puisage au lieu de consommation.

- lors du stockage de l’eau sur le lieu de consommation.

III. Analyse des facteurs de pollution.

A. Pollution dans forage.

1. Réalisation du forage et intervention sur pompe.

Le risque de pollution lors de la réalisation du forage et lors des interventions sur la pompe est minime. Une étude menée en 1995 par le ministère de la santé public Tchadien sur 18 forages équipés de margelles conformes et de Pompes à motricité humaine depuis trois ans, montre que seulement deux forages présentent des traces légères de pollution (9 E.Colis/100ml et 2 E.Colis/100ml) inférieures aux normes de santé public.

2. Mauvaise étanchéité Margelle/pompe.

Le risque de pollution est assez important par les eaux de ruissellement du puisage souillées par les pieds et autres animaux. La solution passe par une réfection de la margelle pour assurer l’étanchéité.

B. Pollution après le puisage.

La même étude réalisée au Tchad a analysé l’eau des canaris sur les 18 forages. Seuls deux villages présentent un taux de contamination inférieur à 300  E.Colis/100ml (32 E.Colis/100ml et 72 E.Colis/100ml). Ces résultats classent l’eau des seize autres villages dans la catégorie de l’Unicef " Impropre à la consommation ".

Une étude similaire menée au Bénin en 1993 dans le cadre d’un projet de l’ITDello et Vergnet arrive aux mêmes conclusions (pollution absente lors du puisage, eau inconsommable après stockage).

IV. Solutions.

A. Pollution dans le forage.

Cette pollution très rare est facilement combattue par l’injection d’un traitement choc. Elle ne peut être mise en oeuvre que par des spécialistes étant donnée la nature des produits utilisés (dosage, précautions d’utilisation…).

B. Pollution lors d’interventions sur la pompe.

Là aussi, les risques de pollution sont minimes comme l’ont montré les différentes études menées sur des points d’eau au Tchad et au Bénin. La formation des artisans réparateurs, assurée par le réseau VERGNET, incluant un volet précaution, nettoyage et traitement à l’eau de Javel à permis de remédier simplement à cette pollution.

C. Pollution après le puisage.

Trois solutions peuvent être apportées pour résoudre cet état de fait.

1. Sensibilisation.

Il s’agit de montrer aux utilisateurs les risques et dangers de contamination de l’eau pendant le transport et le stockage. Les limites de cette méthodes sont connues : inerties liées aux habitudes et non-conscience du danger réel potentiel (même effet que les campagnes anti-tabac en Europe).

2. Filtration de l’eau.

Cette méthode nécessite l’achat par chaque famille d’un filtre, ainsi que l’apprentissage et la rigueur nécessaire au nettoyage régulier de celui-ci. Ces deux conditions font que ce système n’est pas adapté à grande échelle.

3. Traitement de l’eau.

Ce traitement, mettant en œuvre des produits potentiellement dangereux et une grande technicité ne peut se réaliser qu’au travers d’un système ne nécessitant aucune intervention de la part des villageois et un minimum d’intervention de la part d’un technicien spécialement formé.

Les systèmes actuels de traitement de l’eau ont montrés leurs limites dans l’utilisation abordée ici. Ces limites sont tant de l’ordre de l’encombrement, de la protection et du stockage des produits utilisés, de leur faible autonomie, que de la régularité d’injection du produit, des manipulations requises par les utilisateurs où des sources d’énergies nécessaires pour le fonctionnement.

Ces constatations nous ont conduit au cahier des charges suivant :

- Fonctionnement autonome.

- Régularité d’injection du produit actif.

- Aucune énergie nécessaire pour son fonctionnement.

- Autonomie de plusieurs mois.

- Robustesse.

- Faible coût d’achat et d’entretien.

- Protection totale de la partie contenant le produit actif contre la manipulation par les villageois.

D. La canne de chloration.

1. Principe

La société Vergnet a souhaité apporter une réponse au problème de pollution de l’eau après le puisage en se référant au cahier des charges ci-dessus.

Elle étudie actuellement, en collaboration avec M. Omar BOUKARI (ingénieur INSA) et la société Estève (fabrication de matériel de précision), un système de chloration utilisant une particularité de la pompe Vergnet : à chaque coup de pédale, une quantité d’eau proportionnelle au débit de la pompe est évacué du circuit de commande par un trou de purge.

Cette eau, est mise en contact avec le produit actif et retombe dans le forage ainsi chargée de son pouvoir désinfectant.

L’eau puisée contient donc une quantité de produit actif suffisant pour être protégée pendant sa phase d’exposition, c’est à dire au delà du pompage jusqu’à sa consommation.

2. Utilisation.

La mise en place du système de chloration ne nécessite aucune modification de la pompe. C’est une opération qui prend environ dix minutes et peut-être facilement réalisée par l’artisan réparateur de la zone.

Le fonctionnement de cette canne est totalement transparent pour l’utilisateur de la pompe et ne modifie en rien sa manière de pomper ni les caractéristiques de la pompe.

La seule opération sur la canne se produit à chacune des visites de maintenance de l’artisan, et se traduit par la recharge en produit actif du magasin. Les frais de main d’œuvre pour cette manipulation sont inclus dans le prix de la visite de maintenance de la pompe (pas de surcoût pour le village). Le prix des consommables peut être ajouté au contrat de maintenance préventive signé entre le village et l’artisan.

Le conditionnement du produit est fait par le réseau de distribution de pièces Vergnet.

Ce produit en phase terminale d’expérimentation sur le terrain, devrait pouvoir être proposé courant 1998. Son adaptation simple sur toutes les pompes HPV 60 et HPV 100 de Vergnet permet d’envisager la protection d’un bassin actuel de vingt millions de personnes alimenté par des hydropompes Vergnet..

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