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Les Documents de travail Atelier 1 |
UN PROGRAMME DE RECHERCHE FEDERATEUR : LE PROGRAMME NATIONAL DE RECHERCHE EN HYDROLOGIE
Michel VAUCLIN(1) et Philippe ACKERER(2)
(1)
Laboratoire détude des Transferts en Hydrologie et
Environnement.
LTHE, UMR 5564 (CNRS, INPG, ORSTOM, UJF). BP 53, 38041 GRENOBLE
Cedex 9.
(2) Institut de Mécanique des Fluides, URA 854 (CNRS, ULP), 2
rue Boussingault, 67000 STRASBOURG
1. Contexte et enjeux
Lévolution démographique, léventualité de changements climatiques, laccroissement des pollutions locales et diffuses résultant de différentes insouciances, loccurrence récurrente de phénomènes paroxysmiques, la multiplicité des acteurs concernés par ses nombreux usages sont autant de sources de conflits majeurs centrés sur la maîtrise de leau.
Devant ce risque réel et crucial et la nécessité de fournir aux acteurs politiques et socio-économiques les bases scientifiques daide à la décision, il est apparu une prise de conscience croissante, à léchelle mondiale, de lardente obligation, au plan de la recherche :
de développer une approche intégrée (corollaire du concept de gestion intégrée), donc non compartimentale du cycle continental de leau incluant lensemble de ses composantes et des flux couplés associés (énergie, solutés, gaz, sédiments),
de considérer le sol, milieu polyphasique hétérogène, comme un réacteur biogéochimique aux capacités limitées de rétention et de dégradation de substances polluantes, et comme une interface hydrauliquement active avec les eaux souterraines, la biosphère continentale et latmosphère.
2. Objectifs de laction
Centrés sur létude des mécanismes de base, les travaux menés dans le cadre du Programme National de Recherche en Hydrologie (PNRH) visent à répondre à quelques questions fondamentales qui se posent à lhydrologie.
Comment circule leau dans les formations superficielles continentales, depuis les précipitations jusqu'à la mer ou locéan ? A quelle vitesse ? Comment se répartissent les différents volumes deau dans les différents compartiments de lhydrosystème (en surface, dans le sol, dans le sous-sol) ?
Comment prédire limpact de lévolution des climats et des activités humaines sur lalimentation des aquifères et les ressources en eau disponibles pour satisfaire les besoins domestiques, agricoles, industriels et énergétiques ?
Quelles sont les conséquences dune pollution de surface sur la qualité des sols et de leau des nappes ?
Comment se prémunir des grandes catastrophes naturelles ?
Le PNRH est également destiné à structurer la Communauté Scientifique concernée par la thématique et à renforcer les interactions avec dautres disciplines afin de mettre en oeuvre une approche interdisciplinaire et transmilieux du cycle hydrologique.
3. Description de laction
3.1 Résumé
Les recherches menées au PNRH sinscrivent dans les trois axes suivants :
Ces travaux sont menés aussi bien en France quà létranger (Bolivie, Niger,.Sénégal,...).
Le comité scientifique du PNRH est chargé dévaluer les projets, de les soumettre à une expertise extérieure et de les harmoniser. Le PNRH organise également des ateliers thématiques à raison de deux à trois par an.
Le champ couvert par le Programme se caractérise par la conjonction de plusieurs niveaux de complexité tenant à la fois à la nature extrêmement variable des milieux traversés et ce, quelle que soit léchelle despace, à leur non stationnarité temporelle sous les influences climatiques, biophysicochimiques et anthropiques. Lanalyse de cette complexité se fonde sur des études menées à différentes échelles despace (de la plante ou larbre pour linterception de la pluie aux débits drainés sur des surfaces de plusieurs km2 en passant par des images satellitaires par exemple) et de temps (de la seconde pour les échanges turbulents entre la surface et latmosphère, la minute pour les écoulements superficiels à lannée voire la décennie pour les eaux souterraines).
Elles nécessitent très souvent une durée dobservation longue (plusieurs années voire décennies) afin de saffranchir des variabilités climatiques interannuelles. Compte tenu de cette multiplicité des échelles et de lhétérogénéité du milieu, linterprétation de ces observations nécessite des métrologies de haute technologie (satellites, radars, stations automatiques de mesure au sol, ...) et des méthodes mathématiques élaborées (agrégation, homogénéisation, analyse du signal) pour les changements déchelle.
3.2 Dates
LINSU a lancé en 1994 le Programme de Recherche en Hydrologie (PRH) qui, suscitant rapidement lintérêt dautres organismes de recherches (BRGM, CEMAGREF, INRA, METEO FRANCE, ORSTOM) est devenu, début 1997, un Programme National : le PNRH.
4. Résultats obtenus
Parmi les acquis récents, on peut citer :
. la modélisation de plus en plus réaliste des interactions sol-végétation-atmosphère incluant le test de robustesse de différents schémas de surface par comparaison à des mesures continues de flux sur de longues périodes (1 à 3 ans) et ce, en présence et en labsence deffets orographiques.
le développement de modèles hydrologiques à base physique et distribués prenant en compte les hétérogénéités spatiales du milieu, reconstituant le cheminement de leau depuis son arrivée sous forme de pluie, jusquà sa sortie à lexutoire du bassin versant et intégrant des procédures stochastiques destimation des incertitudes sur les simulations en fonction de celles associées aux paramètres.
létablissement dune méthode dobtention des profils hydriques dun sol à partir de linversion temps/espace dun seul signal de réflectométrie temporelle et dun modèle général et versatile reliant la permittivité électrique aux propriétés des différentes phases élémentaires constituant le milieu.
le développement de techniques originales (sentinelles, état adjoint, points pilotes) pour estimer par approche inverse les paramètres hydrodynamiques et hydrodispersifs des sols non saturés et des aquifères, homogènes et hétérogènes, préalable indispensable à la modélisation des écoulements deau et du transport de substances chimiques.
La volonté du PNRH de coordonner les recherches sest traduite par la mise en place de réseaux :
de laboratoires mettant en commun leurs modèles physiques (colonnes, maquettes 2D, 3D) avec les environnements métrologiques associés, leurs bases de données et leurs codes numériques.
de sites notamment dans le cadre du Service dObservations Utilisé pour la Recherche en HYdrologie coordonné au plan national par le Groupement dIntérêt Public multiorganismes " HydrOsystèmes Continentaux ".
dateliers thématiques, largement ouverts sur la Communauté permettant la présentation et la confrontation des résultats les plus récents, renforçant les collaborations interdisciplinaires et contribuant à exprimer en problématique scientifique la demande sociétale dans un domaine où la nécessité criante dune exploitation raisonnée des ressources en eau et en sols et la ferme volonté de préserver et améliorer notre environnement confèrent aux géosciences en général, et à lhydrologie en particulier une incontestable actualité économique et politique.
4.2 Problèmes rencontrés
Le PNRH a mobilisé dans un laps de temps réduit un potentiel humain de lordre de 400 chercheurs appartenant à une centaine déquipes différentes relevant des différents organismes de recherche (BRGM, CEMAGREF, INRA, METEO FRANCE, ORSTOM) auxquelles il convient dajouter une vingtaine déquipes universitaires stricto sensu françaises et étrangères.
Le soutien à des projets de recherche menés dans des zones sensibles (Afrique, Amérique du Sud) hors du territoire national donne une ouverture internationale au programme.