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Les Documents de travail
Atelier 1

GESTION DES RESERVOIRS DE LA BASSE-MOULOUYA

P. Verdet, Directeur adjoint

SOGREAH
Département aménagement et environnement,
BP 172 - 38042 Grenoble Cedex 9 (France)
Tél. : (33) 4 76 33 40 00 - Fax : (33) 4 76 33 42 96

 

Pays : Maroc
Client : Administration de l’Hydraulique - DRPE (Direction de la Recherche et de la Planification des Eaux)
Financement : Banque Mondiale
Date : 1989-1990
Associé : SAEM (Maroc)

Prestations de Sogreah:

• Collecte et traitement des données sur l’hydrologie, le fonctionnement des réservoirs et des usines hydroélectriques, les plans de cultures en Basse Moulouya, la valorisation économique des productions agricoles et électriques.

• Optimisation des lâchures et des programmes agricoles.

• Modélisation des prévisions de crues et d’apports.

• Comparaison de moyens de télétransmissions.

• Création d’un logiciel d’aide à la décision. Installation des outils. Formation des ingénieurs de I’Administration.

 

La Basse-Moulouya

Les aménagements de la Basse-Moulouya au Nord-Est du Maroc comprennent :

• 4 grands périmètres d’irrigation modernes totalisant 65 000 ha.

• La retenue Mohammed V (440 Mm3) qui régularise les apports du bassin de l’Oued Moulouya (55 000 km2).

• La retenue de compensation Mechra Homadi qui assure la régularisation journalière des débits turbinés à Mohammed V.

• Deux usines hydroélectriques.

• Des stations de pompage qui permettent d’utiliser les eaux souterraines de la nappe des Triffa, notamment en période de sécheresse.

• Une station de pompage en projet des résurgences de Moulaya-Ali (3 m3/s).

 

L’étude de gestion en temps réel des barrages Mohammed V et Mechra Homadi

La retenue Mohammed V a un objectif multiple:

• Fourniture d’eau potable aux adductions régionales de Nador et Berkane.

• Fourniture d’eau d’irrigation aux périmètres de Triffa, Zebra, Gareb et Bou Areg.

• Production hydroélectrique.

Les ressources en eau mobilisées par la retenue Mohammed V sont complétées par :

- la pluie tombant sur les périmètres irrigués,

- les prélèvements par pompages dans l’aquifère des Triffa qui ont permis d’apporter un complément d’irrigation pendant la sécheresse 1981-1985,

- le pompage à Moulaya-Ali qui est programmé à court terme.

L’objectif de l’étude consiste à définir les meilleures consignes de gestion à appliquer en temps réel sur les barrages compte tenu de l’état du système défini par : les stocks constitués, la saison, les prévisions de crues et d’apports, les demandes prioritaires (eau potable, cultures pérennes), le programme de culture engagé, les possibilités de pompages supplémentaires dans les aquifères.

Déroulement de l’étude et méthodologie

L’étude a comporté trois missions

Mission 1 : Détermination des affectations a moyen terme de l’eau régularisée basée sur la valeur économique de l’eau stockée

L’usage immédiat de l’eau stockée procure un avantage qui entre en compétition avec l’avantage économique à long terme d’une mise en réserve destinée à assurer les besoins des périodes à venir.

Associée à des ressources complémentaires qui nécessitent des pompages (et donc des coûts) la gestion stratégique des stocks consiste à optimiser les décisions de pompage et de lâchures du barrage (restrictions de doses agricoles éventuelles ou, au contraire, turbinés supplémentaires en cas de crue) de façon à obtenir la meilleure valorisation économique de l’ensemble du système.

Le réservoir est approvisionné de façon aléatoire : compte tenu de l’incertitude sur la stationnarité des apports hydrologiques, les règles de gestion pré-optimisées ont été établies pour deux types d’aléa : "Normal" et "Sécheresse persistante".

Mission 2 : Prévisions hydrologiques

Prévisions des crues :

En fonction de l’état de crues des divers affluents de la Moulouya (55 000 km2) un logiciel convivial permet à l’opérateur -en temps réel- de mettre en œuvre le modèle de prévision optimum recherché automatiquement dans une "banque de modèles". La pointe de crue et surtout son volume attendu au barrage sont fournis avec leurs intervalles de confiance.

Prévision des apports :

Le bassin possède une "mémoire" constituée par les stocks souterrains et les stocks neigeux. Un logiciel convivial permet de connaître l’apport garanti à la réserve Mohammed V pour les mois à venir. L’indice d’enneigement peut être fourni par l’imagerie satellitaire (Haut et Moyen Atlas).

Comparaison des moyens de télétransmission :

L’étude a montré les avantages et inconvénients de deux types de systèmes de télétransmission de données sur le bassin: par satellite et par radio.

Mission 3 : Aide à la clécision en temps réel des programmes d'irrigation, des pompages et des lâchures de barrages

Afin d’associer les règles pré-optimisées en Mission 1 avec la prévision hydrologique et l’état du système à tout moment, le logiciel ADAGE permet aux décideurs de visualiser rapidement les conséquences des diverses options de gestion proposées. Ces conséquences sont analysées en simulations prospectives pour les 18 mois à venir. Les actions immédiates sont décrites (lâchures en rive droite, en rive gauche, pompages à mettre en œuvre, turbinés exclusifs ou restrictions de doses agricoles...).

L’ensemble de cette gestion "stratégique" des réserves d’eau permet de connaître l’offre en eau. La gestion "tactique" des volumes alloués intervient ensuite. Elle est du seul ressort du gestionnaire qui placera au mieux ces volumes en fonction : des capacités de régulation hydraulique de la distribution (canaux), des besoins des plantes pour ce qui concerne l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole de la Moulouya (ORMVAM) et en fonction du plan de charge du réseau électrique interconnecté du Maroc en ce qui concerne l’Office National d’Electricité.

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