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Analyse physico-chimique
Les paramètres à analyser sont choisis en fonction de l'objectif
recherché (cf. fiche " Les indicateurs de qualité
/ présentation générale ")
Température
La température de l'eau est un paramètre de confort pour
les usagers. Elle permet également de corriger les paramètres
d'analyse dont les valeurs sont liées à la température
(conductivité notamment). De plus, en mettant en évidence
des contrastes de température de l'eau sur un milieu, il est possible
d'obtenir des indications sur l'origine et l'écoulement de l'eau.
La température doit être mesurée in situ. Les appareils
de mesure de la conductivité ou du pH possèdent généralement
un thermomètre intégré.
Conductivité
La conductivité mesure la capacité de l'eau à conduire
le courant entre deux électrodes. La plupart des matières
dissoutes dans l'eau se trouvent sous forme d'ions chargés électriquement.
La mesure de la conductivité permet donc d'apprécier la
quantité de sels dissous dans l'eau.
La conductivité est également fonction de la température
de l'eau : elle est plus importante lorsque la température
augmente. Les résultats de mesure doivent donc être présentés
en terme de conductivité équivalente à 20 ou 25°C.
Les appareils de mesure utilisés sur le terrain effectuent en général
automatiquement cette conversion.
Ce paramètre doit impérativement être mesuré
sur le terrain. La procédure est simple et permet d'obtenir une
information très utile pour caractériser l'eau.
Comme la température, des contrastes de conductivité permettent
de mettre en évidence des pollutions, des zones de mélanges
ou d'infiltration… La conductivité est également l'un des
moyens de valider les analyses physico-chimiques de l'eau : la valeur
mesurée sur le terrain doit être comparable à celle
mesurée au laboratoire.
pH
Le pH (potentiel Hydrogène) mesure la concentration en ions H+
de l'eau. Il traduit ainsi la balance entre acide et base sur une échelle
de 0 à 14, 7 étant le pH de neutralité. Ce paramètre
caractérise un grand nombre d'équilibre physico-chimique
et dépend de facteurs multiples, dont l'origine de l'eau.
Le pH doit être impérativement mesuré sur le terrain
à l'aide d'un pH-mètre ou par colorimétrie.
Tableau 1 : classification des eaux d'après
leur pH
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pH < 5
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Acidité forte => présence
d'acides minéraux ou organiques dans les eaux naturelles
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pH = 7
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pH neutre
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7 < pH < 8
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Neutralité approchée
=> majorité des eaux de surface
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5,5 < pH < 8
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Majorité des eaux souterraines
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pH = 8
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Alcalinité forte, évaporation
intense
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Turbidité
La mesure de la turbidité permet de préciser les informations
visuelles sur l'eau. La turbidité traduit la présence de
particules en suspension dans l'eau (débris organiques, argiles,
organismes microscopiques…). Les désagréments causés
par une turbidité auprès des usagers sont relatifs car certaines
populations sont habituées à consommer une eau plus ou moins
trouble et n'apprécient pas les qualités d'une eau très
claire. Cependant une turbidité forte peut permettre à des
micro-organisme de se fixer sur des particules en suspension. La turbidité
se mesure sur le terrain à l'aide d'un turbidimètre.
Tableau 2 : classes de turbidité usuelles
(NTU, nephelometric turbidity unit)
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NTU < 5
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Eau claire
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5 < NTU < 30
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Eau légèrement trouble
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NTU > 50
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Eau trouble
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NTU
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La plupart des eaux de surface en
Afrique atteignent ce niveau de turbidité
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Ions majeurs
La minéralisation de la plupart des eaux est dominée par
huit ions appelés couramment les ions majeurs. On distingue les
cations : calcium, magnésium, sodium et potassium, et les
anions : chlorure, sulfate, nitrate et bicarbonate.
Autres éléments dissous
Le fer
La présence de fer dans les eaux souterraines a
de multiples origines : le fer, sous forme de pyrite (FeS2),
est couramment associé aux roches sédimentaires déposées
en milieu réducteur (marnes, argiles) et aux roches métamorphiques.
Il se retrouve souvent à de fortes concentrations dans les eaux
des cuirasses d'altération de socle.
Présent sous forme réduite (Fe2+),
le fer est oxydé par l'oxygène de l'air et précipite
sous forme ferrique lorsque l'eau est pompée => Fe2+ Fe3+
+ e-
Les dalles de forages ou puits sont alors colorées
en brun/rouille et les populations se désintéressent parfois
de la ressource car l'utilisation d'une eau chargée en fer pour
la lessive colore le linge et, consommée directement ou sous
forme d'infusion (thé…), peut avoir un goût prononcé.
Le fluor
Les sources principales de fluor dans les eaux souterraines
sont les roches sédimentaires (fluoapatite des bassins phosphatés
par exemple) mais également les roches magmatiques et certains
filons. Les zones de thermalisme sont aussi concernées.
Les concentrations en fluor sont plus faibles si la teneur
en Ca2+, issu du gypse par exemple, est forte. Le temps de
contact entre roche et eau souterraine ainsi que les réactions
chimiques déterminent les teneurs en F- (équilibre avec
la fluorine, Ca2°+ dominant).
Le fluor est reconnu comme un élément essentiel
pour la prévention des caries dentaires (dentifrices fluorés).
Cependant, une ingestion régulière d'eau dont la concentration
en fluor est supérieur à 2 mg/l (OMS) peut entraîner
des problèmes de fluorose osseuse et dentaire (coloration en
brun des dents pouvant évoluer jusqu'à leurs pertes).
Les enfants sont particulièrement vulnérables à
cette atteinte.
L'Aluminium.
La question de l'aluminium se pose essentiellement après
traitement de l'eau avec un composé d'aluminium. Même si
aucun risque sanitaire n'a pu être prouvé, on évoque
le rôle aggravant de cet élément dans la maladie
d'Alzheimer.
Selon l'OMS, la présence d'aluminium à des
concentrations supérieures à 0,2 mg/l provoque souvent
des plaintes de la part des consommateurs, en raison de la floculation
de l'hydroxyde d'aluminium dans les canalisations et d'une accentuation
de la coloration de l'eau par le fer.
Oxygène, DBO, DCO et Oxydabilité
L'ensemble de ces paramètres permet d'estimer la quantité
de matière organique présente dans l'eau.
Oxygène dissous
L'eau absorbe autant d'oxygène que nécessaire
pour que les pressions partielles d'oxygène dans le liquide et
dans l'air soient en équilibre. La solubilité de l'oxygène
dans l'eau est fonction de la pression atmosphérique (donc de
l'altitude), de la température et de la minéralisation
de l'eau : la saturation en O2 diminue lorsque la température
et l'altitude augmentent.
La concentration en oxygène dissous est un paramètre
essentiel dans le maintien de la vie, et donc dans les phénomènes
de dégradation de la matière organique et de la photosynthèse.
C'est un paramètre utilisé essentiellement
pour les eaux de surface. Au niveau de la mer à 20°C, la concentration
en oxygène en équilibre avec la pression atmosphérique
est de 8,8 mg/l d'O2 à saturation. Une eau très
aérée est généralement sursaturée
en oxygène (torrent), alors qu'une eau chargée en matières
organiques dégradables par des micro-organismes est sous-saturée.
En effet, la forte présente de matière organique, dans
un plan d'eau par exemple, permet aux micro-organismes de se développer
tout en consommant de l'oxygène.
L'oxygène dissous est donc un paramètre
utile dans le diagnostic biologique du milieu eau.
DBO, DCO et oxydabilité.
La DBO (demande biochimique en oxygène) exprime
la quantité d'oxygène nécessaire à la dégradation
de la matière organique biodégradable d'une eau par le
développement de micro-organismes, dans des conditions données.
Les conditions communément utilisées sont 5 j (on ne peut
donc avoir qu'une dégradation partielle) à 20°C, à
l'abri de la lumière et de l'air ; on parle alors de la
DBO5. Cette mesure est très utilisée pour le
suivi des rejets des stations d'épuration, car elle donne une
approximation de la charge en matières organiques biodégradables.
Elle est exprimée en mg de O2 consommé (cf.
tableau ci dessous).
Tableau 3 : Echelle de valeurs de DBO5
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Situation
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DBO5 (mg/l d'O2)
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Eau naturelle pure et vive
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< 1
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Rivière légèrement
polluée
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1 < c < 3
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Egout
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100 < c < 400
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Rejet station d'épuration efficace
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20 < c <40
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La DCO (demande chimique en oxygène) exprime la
quantité d'oxygène nécessaire pour oxyder la matière
organique (biodégradable ou non) d'une eau à l'aide d'un
oxydant, le bichromate de potassium. Ce paramètre offre une représentation
plus ou moins complète des matières oxydables présentes
dans l'échantillon (certains hydrocarbures ne sont, par exemple,
pas oxydés dans ces conditions). L'objectif de la DCO est donc
différent de celui de la DBO.
La DCO peut être réalisée plus rapidement
que la DBO (oxydation " forcée ") et donne
une image de la matière organique présente, même
quand le développement de micro-organismes est impossible (présence
d'un toxique par exemple). Le résultat s'exprime en mg/l d'O2.
Généralement, la DCO vaut de 1,5 à
2 fois la DBO5 pour les eaux usées domestiques.
La relation empirique suivante lie la DBO5,
la DCO et la matière organique de l'échantillon (MO) :
MO = (2 DBO5 + DCO) / 3
L'oxydabilité est une mesure similaire à
la DCO, utilisée dans le cas de faible concentration en matière
organique (DCO < 40 mg/l d'O2). L'oxydant requis est le
permanganate de potassium.
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